Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1871 - tome 93.djvu/630

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


La colombe de la Chine et la colombe rupicole, si répandues depuis le nord jusqu’au centre de l’Asie, vivent dans le Thibet oriental, à côté d’une autre colombe [1], qui ne s’éloigne pas de la région des grandes montagnes. Notre coucou d’Europe fréquente les lieux où l’on rencontre d’autres coucous particuliers à l’Asie centrale. Des pics ayant une grande ressemblance avec nos épeiches, les uns qu’on avait déjà observés sur l’Himalaya, les autres jusqu’à présent inconnus, se tiennent sur les arbres des forêts de Mou-pin. Une alouette, qui parcourt une grande partie de la Chine, vient également dans le Thibet oriental [2], où le père Armand David a découvert plusieurs mésanges : mignonnes créatures aussi gracieuses que celles d’Europe. Dans les mêmes retraites habitent un bouvreuil moins beau que celui de nos bois [3], un moineau qui se trouve au Japon et en divers endroits de la Chine [4], des gros-becs, une légion de bruans, où l’on distingue des espèces au plumage d’une teinte vineuse qui n’ont été vues en aucun autre lieu du monde ; puis ce sont de nombreux oiseaux du groupe des merles et du groupe des pies-grièches, où l’on reconnaît également des espèces particulières à la région, en compagnie de beaucoup d’autres qui fréquentent tout le massif de montagnes de l’Asie centrale, et de plusieurs espèces communes, jusque dans les provinces orientales de la Chine. Dans l’ensemble, nous remarquons un charmant oiseau dont le plumage est noir en dessus, d’un brun olivâtre en dessous, avec les ailes et la queue d’un rouge écarlate [5]. La principauté de Mou-pin est aussi le séjour d’un petit monde d’oiseaux chanteurs : fauvettes, rossignols, roitelets, traquets, bergeronnettes, offrant l’aspect d’autres espèces asiatiques ou des espèces européennes. Il y a encore des sittelles, et, ce qui est plus extraordinaire, un sucrier [6]. Les sucriers vivent en général dans les contrées les plus chaudes du globe. Parés de brillantes couleurs, ils semblent créés pour le soleil des tropiques ; pourvus d’un long bec légèrement courbé, ils saisissent les petits insectes, et peut-être le miel dans le nectaire des fleurs tout en volant à la manière des colibris. Le sucrier du Thibet oriental, qui se montre, croyons-nous, jusque dans le Sse-tchuen, a le corps d’un beau rouge, le dessus de la tête, la gorge, deux espaces sur les côtés du cou d’un violet métallique éclatant, le ventre d’un jaune clair, les ailes noires avec les bords des grandes pennes teintés de vert et la queue longue,

  1. Dendrotreron Hodysoni.
  2. Alauda cœlivox décrite par M. Swinhoe.
  3. Pyrrhula erythaca.
  4. Passer rutilans.
  5. Il vient d’être nommé par M. Jules Verreaux Trochalopteron formosum.
  6. La Nectarinia Dabryi décrite par M. Jules Verreaux.