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Page:Revue des Deux Mondes - 1871 - tome 93.djvu/337

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endroits on remarque, étendues à la surface de l’eau, les larges feuilles piquantes, et, dans la saison, les fleurs blanches légèrement empourprées de l’euryale (Euryale ferox). Bientôt après, aux approches de Hou-tcheou et de Nan-tsin, le pays offre un aspect particulier. Le terrain est une alluvion jaunâtre rendue très fertile par l’abondance de matière végétale. L’espace uni est immense, les collines n’apparaissent que dans le lointain ; les champs cultivés et surtout les rizières couvrent une grande partie du sol ; mais ce qui attire le regard, ce sont les mûriers hauts et touffus qui forment la seule végétation arborescente de la contrée. Ici, les mûriers et les vers à soie constituent la richesse, et une bonne partie de la population est adonnée aux soins de la plante et de l’insecte.

Près de Chang-haï, la végétation naturelle est presque semblable à celle des environs de Ning-po ; cependant on n’y voit pas, d’azalées, de sorte que Chusan et la province de Tché-kiang paraissent être au nord l’extrême limite de ces belles plantes. Autour des villages et des fermes, on voit encore de petits massifs de bambous ; mais c’est le seul vestige de la flore des tropiques qu’on observe dans cette région. Sur les collines, en général peu élevées et très différentes de celles du sud, croissent différons arbres verts : des pins, des cèdres du Japon, de superbes araucarias et des ginhkos (Salisburia adiantifolia), qui seuls atteignent de grandes proportions.

La faune de la région qui comprend le nord de la province de Tché-kiang et le sud de la province de Kiang-sou offre le même caractère général que la flore. Les animaux de toutes les classes appartiennent aux types des climats tempérés ; il n’y a que de rares représentans des formes tropicales, et, comme pour les végétaux, plusieurs espèces ne remontent pas vers le nord au-delà des environs de Ning-po et de l’île de Chusan. Les insectes permettent d’apprécier avec une remarquable précision de légères différences dans les conditions physiques du pays. À peu de distance de Chang-haï, on rencontre de gros coléoptères du genre des carabes, particulièrement abondans dans les régions froides ou tempérées de l’Europe et de l’Asie, et ces mêmes insectes ne paraissent exister ni à Chusan, ni dans le Tché-kiang. Les oiseaux du tropique ne viennent qu’en très petit nombre dans le Kiang-sou. Aux environs de Chang-haï, on observe en grande partie les espèces dont nous avons constaté la présence dans le Pe-tche-li et beaucoup d’espèces du Japon ; mais, on le sait, les oiseaux de passage dans leurs migrations régulières se montrent aux mêmes points en différentes saisons, les uns venant du nord et les autres du sud.

Dans cette partie de la Chine, le printemps est délicieux lorsque