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Page:Revue des Deux Mondes - 1871 - tome 93.djvu/262

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lité, un nombre déterminé de conseillers (town-counsellors) et d’aldermen ; ce dernier mot ne se peut traduire : il désigne, comme nous allons voir, une catégorie spéciale et élevée de magistrats communaux. Les bourgs, pour peu qu’ils soient considérables, sont divisés en plusieurs sections (wards) : à chacune d’elles est assigné un certain nombre de conseillers et d’aldermen. Les conseillers sont élus directement par les bourgeois du bourg ou de la section à laquelle ils se rattachent. L’on appelle bourgeois (burgesses) ceux qui satisfont à certaines conditions variables de cens et de domicile. Pour être élu conseiller, il faut justifier d’un revenu dont le chiffre croît ou descend avec la population de la ville. Les conseillers sont élus pour trois ans, et sortent chaque année par tiers. Les aldermen sont nommés par les conseillers pour une durée de six ans, et sortent tous les trois ans par moitié. Les conditions d’éligibilité sont pour eux les mêmes que pour les conseillers. Les aldermen, issus ainsi d’un suffrage à deux degrés, ne constituent pas un corps délibérant en dehors du conseil municipal ; ils en font simplement partie, n’ayant sur leurs collègues qu’une préséance honorifique et l’avantage de la plus longue durée de leur charge : ils constituent un élément modérateur sans avoir rien de distinct ou de spécial dans leurs attributions. Le maire (mayor) est élu pour un an seulement par la réunion du conseil municipal. Ces trois élémens, procédant tous de l’élection, mais d’après différens modes, constituent l’administration collective et omnipotente du bourg. Le conseil municipal, ainsi formé, n’est pas seulement une assemblée délibérante : l’action et l’exécution lui appartiennent en propre ; le maire n’est qu’un président sans pouvoirs spéciaux. Il est assez ordinaire que les conseils municipaux en Angleterre aient un grand nombre de membres ; mais, pour que la marche des affaires puisse être expéditive, c’est une coutume universelle que le conseil municipal se divise en plusieurs comités voués chacun à une spécialité. Les pouvoirs de ces comités spéciaux sont fort étendus ; ils ont une délégation du conseil à l’effet de diriger la branche de service dont ils sont chargés. En général, ils agissent seuls avec une autorité entière, sous la réserve de rendre compte de leurs opérations au conseil municipal. C’est ainsi que le conseil de Manchester, composé d’un maire, de 16 aldermen et de 48 conseillers, se subdivise en 21 comités, qui exercent dans le cercle de leurs attributions respectives tous les pouvoirs que possède le conseil municipal même, sous la réserve de lui rendre périodiquement compte de leurs actes. Il résulte de cette organisation que les conseils municipaux ne tiennent chaque année qu’un très petit nombre de réunions générales. Les comités spéciaux au contraire se réunissent souvent. Le maire est meiubre de droit de chacun d’eux. Ces comités sont rééli-