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chauffage par des poêles en fonte ou en tôle ; outre ces défauts, auxquels on remédie plus ou moins, les calorifères à air chaud ont un autre inconvénient plus grave au point de Yue industriel : c’est que la chaleur qu’ils fournissent ne peut être transportée à distance. Si les bâtimens que l’on se propose d’échauffer ont une grande étendue, il y faut multiplier le nombre des appareils. Ainsi pour un hôpital de 40 mètres de long, — c’est la longueur de l’un des pavillons de l’hôpital Beaujon, — trois calorifères à air chaud sont nécessaires, tandis qu’un seul appareil à circulation d’eau chaude suffit à chauffer d’immenses édifices.

Le chauffage à la vapeur, en raison des chances d’explosion qu’il fait courir, ne conviendrait guère à une habitation particulière, bien que de jour en jour on se familiarise davantage avec le redoutable engin nécessaire pour le produire. Au contraire dans les ateliers où déjà la vapeur sert à des usages industriels, comme force motrice par exemple, il est tout naturel de l’employer aussi pour le chauffage. La vapeur produite par une chaudière circule sans difficulté dans le réseau de tuyaux qu’on lui présente, et en se condensant en eau par le contact des surfaces froides elle abandonne une quantité de chaleur considérable. Ce système fut fort en vogue il y a trente ans ; il est un peu dédaigné aujourd’hui. On peut citer notamment, parmi les applications qui en ont été faites., le chauffage de la Bourse de Paris, établi en 1828, qui s’opère au moyen de quatre, chaudières placées à l’angle sud-est du soubassement de l’édifice ; les tuyaux et les caisses en fonte à travers lesquels la vapeur circule sont cachés dans le sol, au-dessous de plaques à jour par lesquelles la chaleur se répand dans la grande salle et dans les galeries. Il y a quelques années, un ingénieur voulut appliquer le même système au chauffage des wagons de chemins de fer pendant la marche des trains ; la vapeur était fournie par la locomotive. L’essai n’a pas réussi, paraît-il. Au reste le chauffage par circulation d’eau chaude conviendrait mieux à ce cas spécial.

Vers la fin du siècle dernier, un sieur Bonnemain prit un brevet d’invention pour des appareils de chauffage à l’eau bouillante ; mais, de même que beaucoup d’autres inventions industrielles, celle-ci ne devait pas être mise en pratique avant que les progrès de la physique, en eussent démontré l’efficacité. Ce mode de chauffage est aujourd’hui bien connu, car les réservoirs d’eau chaude dont on se sert pour les voyages et qu’on trouve dans les wagons de chemin de fer en sont une application. Ce qui en fait l’avantage, c’est que l’eau est susceptible d’absorber une grande quantité de chaleur, par conséquent elle ne se refroidit qu’avec lenteur. Pour les serres, par exemple, où l’on ne peut veiller toute la nuit à