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Page:Revue des Deux Mondes - 1867 - tome 67.djvu/954

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ceux qui ont été assignés plus haut à la ventilation normale, on constatera sans peine que, dans une pièce chauffée par un poêle, l’air est loin d’être renouvelé aussi fréquemment que l’hygiène l’exigerait. Ces appareils ont encore le défaut de dessécher l’atmosphère, parce qu’ils produisent en général beaucoup de chaleur, et que l’air en s’échauffant devient susceptible d’absorber une plus grande quantité de vapeur d’eau. Quoique renfermant tout autant d’humidité, il paraît en réalité plus sec. On remédie à ce défaut en disposant auprès du foyer un vase d’eau qui fournit une ample évaporation. Les hygiénistes ont cru reconnaître aussi que les poêles, en métal exercent une action nuisible à la santé lorsqu’ils sont portés au rouge, ce qui arrive fréquemment pour peu que le feu soit actif. L’air contient des corpuscules microscopiques, comme on peut le vérifier en regardant un rayon de soleil ; ces corpuscules, qui sont d’origine organique, se brûlent au contact des surfaces rouges en donnant naissance à une odeur caractéristique. On a même pensé que la fonte échauffée (c’est le métal le plus employé dans les appareils de chauffage) dégage une partie du carbone qu’elle contient, d’où il résulte une minime quantité d’oxyde de carbone bien suffisante pour rendre l’air malsain.

On a fait disparaître en partie ces inconvéniens par une amélioration analogue à celle qui fut introduite dans la construction des cheminées. Un tuyau dont l’orifice est au dehors aspire l’air extérieur, l’échauffé en le faisant circuler autour du foyer, et le verse dans la pièce à une température convenable. Le poêle prend alors le nom de calorifère ; mais, pour que le système soit efficace, il est indispensable que rien ne gêne la circulation, que l’air pur soit appelé par des orifices de largeur convenable, et que l’air vicié ait une issue. Ces conditions sont rarement réunies à un degré suffisant dans les appareils d’usage habituel. Comme type du chauffage salubre, on peut citer l’association d’un calorifère et d’une cheminée dans la même pièce. Le premier donne la chaleur, et la seconde effectue la ventilation. La combinaison n’est pas économique peut-être, mais l’on doit se rappeler que la ventilation mérite d’être payée, car elle est l’un des élémens importans de la salubrité. Il est incontestable que les poêles, tels qu’ils sont, rendent encore d’immenses services, surtout dans les pays du nord, où la température de l’hiver est très rigoureuse. Ce sont en ces contrées de véritables édifices en brique, recouverts de faïence. On y allume du feu le matin pendant deux ou trois heures, puis on en ferme avec soin toutes les issues. Cette grande masse se refroidit lentement et maintient une température de 16 à 17 degrés à l’intérieur des maisons pendant les vingt-quatre heures, lors même que le