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Page:Revue des Deux Mondes - 1867 - tome 67.djvu/951

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appartemens. Les appareils d’éclairage produisent le même effet : la flamme d’une bougie dégage autant d’acide carbonique qu’une personne adulte. L’expérience a prouvé au surplus que l’aération, pour être bonne, doit être surabondante. Dans les premiers temps que l’on construisait des appareils de ventilation artificielle, on estimait qu’une pièce était saine lorsqu’elle fournissait 10 mètres cubes d’air pur par heure à chacune des personnes qui l’habitaient. Plus tard les hygiénistes exigèrent 20 mètres cubes par heure pour les hôpitaux. Aujourd’hui ce chiffre est bien dépassé. D’après les expériences les plus récentes, il faut de 40 à 50 mètres cubes d’air pur pour un individu adulte en l’état de santé, 60 ou 80 pour les malades et les ouvriers des ateliers insalubres, 100 et même 150 pour les salles d’hôpitaux en temps d’épidémie. Il est nécessaire d’ajouter à ces chiffres 6 mètres cubes pour une bougie et 20 ou 25 mètres pour chacune des lampes allumées dans l’endroit que l’on habite. Ce n’est qu’à la condition de renouveler et d’agiter sans cesse l’atmosphère que l’on corrige toute odeur désagréable et tout genre d’infection dans les lieux habités. Il n’est pas difficile de s’assurer, par un calcul bien simple, que nos logis sont toujours si exigus qu’une seule personne ne pourrait y rester renfermée sans inconvénient pendant plusieurs heures consécutives, si les ouvertures en étaient hermétiquement closes, circonstance qui du reste ne se réalise jamais.

On vient de voir quelle énorme quantité d’air il faut mettre en mouvement pour ventiler une habitation d’une façon convenable. Il serait assez embarrassant d’évaluer avec la même précision la température à laquelle il est utile d’élever l’air intérieur de nos appartemens. Cela dépend surtout du tempérament des individus. On est à peu près unanime à reconnaître que l’homme qui ne se livre pas à un travail manuel éprouve l’impression du froid au-dessous de 15 degrés du thermomètre centigrade. Au reste, l’impression que la chaleur artificielle produit sur le corps humain dépend surtout du mode de chauffage. Devant une cheminée qui détermine, un appel d’air abondant, on supporte, sans en éprouver d’incommodité, une température plus élevée qu’au voisinage d’un foyer, tel qu’un poêle, dont la puissance d’aérage est très limitée. Il a été reconnu que dans une enceinte bien ventilée, — certains théâtres sont dans ce cas, — une température de 22 à 23 degrés n’est pas incommode ni nuisible à, la santé.

Or à Paris et dans toute la zone environnante il y a sept mois de l’année où.la température du dehors est inférieure à 15 degrés, et pendant lesquels il est par conséquent nécessaire de recourir à un chauffage factice. Le thermomètre marque en moyenne 6°, 4 durant