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Page:Revue des Deux Mondes - 1867 - tome 67.djvu/944

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rides, remous, courans, repos, mouvemens de toute sorte, — de même on ne voit dans l’atmosphère que des évolutions locales. Pour en trouver l’ensemble à un jour donné, M. Marié chercha d’abord les points où la pression est égale à 760 millimètres. Ils se suivent, de l’un à l’autre, le long d’une ligne courbe et irrégulière que l’on marque sur la carte, et qui réunit les lieux où l’atmosphère a la même hauteur. D’un côté de cette ligne s’en trouvent d’autres qui relient les points où cette hauteur s’élève, et où la pression varie de 765 à 770… millimètres. De l’autre côté se tracent les lignes où elle diminue, pour devenir 755, 750… millimètres. En les dessinant, on a partagé l’atmosphère en bandes de même niveau, ce qui permet de distinguer les hauts plateaux, les grandes pentes et les vallées profondes.

M. Marié vit tout d’abord qu’en général il y a une contrée où existe un creux, un entonnoir, un lieu de pression minimum, comme on en voit au centre des cyclones. Il examina la direction des vents qui soufflaient autour de cette dépression : elle était variable, mais tournait dans des circonférences concentriques, en sens opposé à celui des aiguilles d’une montre. Ces vents n’étaient point égaux dans tous les points, ils étaient faibles au nord de la dépression, considérables au sud ; les premiers étaient secs, les derniers amenaient de la pluie ; les choses se passaient comme au bord maniable et au bord dangereux des cyclones. Le lendemain, tout était changé en chaque lieu, mais le phénomène général était resté le même et n’avait fait que se transporter vers l’ouest, avec une vitesse de dix à quinze lieues à l’heure. Le mouvement continuait les jours suivans et finissait par se perdre dans l’extrême Orient.

Les mêmes phénomènes se reproduisent invariablement depuis 1863. A peine une bourrasque est passée qu’une autre lui succède ; il n’y a de différence entre elles que l’intensité, et aussi la route que suivent les centres. Les uns atteignent le nord de la Suède, le plus grand nombre suit la Baltique, quelques-uns traversent la France, et d’autres s’échappent sur la Méditerranée à travers le grand couloir qui est compris entre les Pyrénées et les Alpes, et qui débouche sur le golfe du Lion.

D’où viennent-ils ? Il y en a qui ont pris naissance à l’équateur, qui ont parcouru la route ordinaire des cyclones à travers l’Atlantique, et dont on a suivi la trace jusqu’en Asie ; d’autres ont été signalés vers les Açores et montent moins haut dans le nord ; quelques-uns peut-être ont pris naissance au gulf-stream. Quand ils passent au sud de Paris, nous sommes sur la rive inoffensive et nous avons du beau temps ; s’ils traversent la Belgique ou la Baltique, nous subissons les effets du bord dangereux : la pluie, les orages et