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atmosphérique. Je le ferai comprendre aisément par quelques exemples familiers. En même temps qu’il brûle le bois dans nos foyers, l’air s’échauffe, devient plus léger et s’élève dans la cheminée ; il ne s’arrête même pas quand il en sort, car nous voyons, si le temps est calme, la fumée continuer sa route ascendante. Ce mouvement fait dans le foyer un vide partiel, aussitôt comblé par l’air froid de l’appartement, qui prend le même chemin. La circulation entretient la combustion, la combustion la chaleur, et la chaleur la circulation. Si alors vous mettez la main aux fissures et aux joints des portes, vous sentez un vent froid qui ramène dans la chambre l’air qu’enlève incessamment la cheminée. Étudiez de même la série des phénomènes qui se perpétuent dans une lampe ; Elle lance par sa cheminée de verre un courant rapide et très chaud qui va s’étaler sous le plafond, assez chaud pour brûler la main, assez rapide pour agiter et même éteindre une bougie qu’on y place ; mais, en montant continuellement, ce courant appelle sans cesse l’air de l’appartement à travers une petite galerie découpée à jour qu’on a eu soin de placer au-dessous du verre. De ces exemples, on peut tirer une règle, une loi physique : toutes les fois que l’air est échauffé en un endroit, il s’y élève et appelle pour le remplacer celui des parties voisines.

On voit sans difficulté que tout refroidissement fera l’inverse. Quand nos appartemens sont bien chauds et les vitres bien gelées, l’air qui les touche se refroidit, devient plus lourd, et, glissant le long des carreaux, s’étale sur le parquet. Aussitôt la couche de gaz échauffée qui était sous le plafond se précipite pour continuer le courant et gagne le sommet des fenêtres en filtrant à travers le haut des rideaux ; elle y laisse comme preuve de son passage la poussière qu’elle contenait. Réunissons maintenant ces deux effets du chaud et du froid. Un poêle chauffé est au milieu d’une serre, il appelle l’air autour de lui et le lance en haut ; mais les vitres le refroidissent, le font descendre, et il revient au poêle par le parquet. Deux causes distinctes ont concouru à produire et à perpétuer une double circulation, un double courant : l’un chaud, élevé, fuyant la source calorifique, l’autre froid et rampant qui y retourne.

On me pardonnera ces longs détails sur un fait aussi simple en considération de l’application que j’en vais faire maintenant à l’atmosphère tout entière. Le globe terrestre est très inégalement échauffé par le soleil : les pôles ne le sont point du tout, les contrées tempérées le sont d’autant plus que leur latitude est moindre, et il y a une zone qui reçoit plus de chaleur que toutes les autres, celle où les. rayons du soleil tombent d’aplomb. Elle peut être assimilée à un foyer qui ferait le tour de la terre et qui serait entretenu par