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Page:Revue des Deux Mondes - 1866 - tome 62.djvu/598

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on ne peut mieux faire, qu’à s’arrêter à ce chiffre (2 milliards) déjà fort élevé, et bientôt, si la prospérité continue, nous pourrons aisément, grâce au développement des revenus indirects, supporter le budget de 2 milliards qui aujourd’hui dépasse nos forces. » Eh bien ! le gouvernement se décide enfin à suivre notre conseil. Il est vrai que la mise en pratique n’aura lieu qu’en 1867, tandis que nous la demandions dès 1862, et que depuis on a trouvé moyen d’ajouter encore une certaine quantité de millions à ce que l’on considère comme les dépenses nécessaires ; n’importe, nous ne nous plaindrons pas trop pour quelques années de retard. L’élasticité de la fortune publique est telle qu’en supposant qu’il y ait encore un écart plus ou moins considérable entre les dépenses vraies et les ressources vraies, cet écart ne tardera pas à être comblé par la plus-value naturelle des impôts, si l’on persiste résolument dans la voie des économies ; nous pouvons même espérer qu’à l’exemple de l’Angleterre on pourra diminuer les taxes et conserver encore les mêmes revenus.

Ceci néanmoins appartient trop à l’avenir ; voyons dans le présent comment est le budget de 1867, quelle chance il a de réaliser ce qu’il promet. Tout à l’heure, en comparant le budget de 1867 à celui de 1866, nous avons, pour rendre la comparaison plus exacte, inscrit la dotation de l’amortissement comme si elle devait encore figurer au budget de 1867 ; elle n’y figurera plus, si le projet qui est en ce moment soumis au corps législatif relativement à un nouveau système d’amortissement est adopté. Ce budget se trouve donc allégé du montant de cette dotation, qui serait aujourd’hui de 122 millions. En comprenant toutes les autres charges, tant ordinaires qu’extraordinaires et départementales, il s’élève en prévision à 1,946 millions ; les recettes pour le couvrir sont portées à 1,976 millions [1], laissant 30 millions d’excédant, dont 10 sont réservés

  1. En voici la décomposition (chiffres ronds) :
    Dépenses.
    1° Dépenses du budget ordinaire de 1867, y compris le nouveau budget de l’amortissement 1,568,000,000 fr.
    2° Dépenses départementales et communales 245,000,000
    3° Dépenses du budget extraordinaire 133,000,000
    Total 1,946,000,000 fr.


    Recettes.

    Recettes du budget ordinaire, y compris les ressources détachées par la caisse d’amortissement

    1,686,000,000 fr

    Ressources extraordinaires 45,000,000
    Ressources départementales et communales 245,000,000
    Total 1,976,000,000 fr.