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présent ; mais la province d’Otago, dans la Nouvelle-Zélande, paraît digne de rivaliser avec elle, et certains districts de la Nouvelle-Galles du Sud, en particulier celui de Kiandra, ont attiré depuis quelques années un nombre considérable de mineurs qui y récoltent des produits abondans. Il est permis de compter en outre sur les contrées encore désertes, la Nouvelle-Guinée par exemple, où l’Européen s’établira tôt ou tard.

Ainsi, pour résumer, il y a trois gisemens distincts d’où il est possible d’extraire le métal précieux : les filons quartzeux, qui ont pour ainsi dire leurs racines au centre même du globe et qui viennent affleurer à la surface entre les fentes du terrain silurien ; les alluvions anciennes, qui reposent sur le terrain et sont cachées par les dépôts des époques postérieures, en sorte qu’on ne peut les atteindre qu’en perçant à une profondeur variable suivant les localités, de 15 à 150 mètres au-dessous de la surface ; enfin les alluvions modernes, qui sont, au niveau du sol ou à quelques mètres au-dessous. À chacun de ces gisemens correspond une méthode particulière d’exploitation.

Naturellement les terrains formés d’alluvions modernes furent découverts et exploités les premiers. L’exploitation de ces terrains était la seule qui convînt à la foule des mineurs improvisés de la première heure, ouvriers et artisans, négocians, hommes de loi, immigrans de toute espèce qui accoururent aux champs d’or dès que l’existence en fut connue. Le métal précieux y est disséminé en petits grains au milieu d’une masse de sable et de graviers ; il suffit de laver le sol à grande eau sur une sorte de crible. L’eau entraîne les matières étrangères et laisse tomber au fond l’or, qui est beaucoup plus lourd, que le reste ; on le recueille mélangé avec un peu de gravier qui a échappé au tamisage, et on le lave une dernière fois dans un plat d’étain. Dans les districts très riches, un mineur peut gagner ainsi une centaine de francs dans sa journée, en traitant 2 ou 3 mètres cubes de minerai. Quelquefois, mais rarement, il découvre dans la masse un nugget dont la valeur peut atteindre et dépasser même 100,000 francs, Ce procédé, très simple il est vrai, a l’inconvénient de laisser perdre une grande partie du métal. On a vu des sablée aurifères passés deux ou trois fois au crible donner toujours des produits rémunérateurs. Les Chinois surtout, que les Européens expulsaient des mines nouvellement ouvertes, se sont livrés avec succès à ces lavages successifs sur des minerais abandonnés déjà par les autres ouvriers. Le traitement des alluvions superficielles convient bien aux gens ignorans en métallurgie et aussi aux nouveau-venus, qui espèrent à chaque instant trouver une énorme pépite au fond de leur crible. Quelquefois un