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Page:Revue des Deux Mondes - 1863 - tome 47.djvu/790

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En 1802, en 1803, on fit des travaux d’agrandissement aux hôpitaux Saint-Antoine, Necker, des Enfans, Saint-Louis, des Capucins, etc. Enfin le régime de la Salpêtrière et de Bicêtre, confié en 1802 à l’administration générale des hospices, devenait peu à peu ce régime de couvent loué en 1819 par M. Pariset. Si la réforme des hospices de Paris valut au comte Frochot l’estime qui entoure son nom, il faudrait néanmoins, pour lui rendre une justice complète, mentionner tous les autres services organisés par lui, dont le plus nécessaire, celui de la perception des droits d’octroi, passa successivement, à travers tant de difficultés, du système de la régie intéressée à celui de la régie simple, qui fonctionne encore. Sans entrer dans le détail de ces nombreuses mesures d’édilité, constatons seulement que, grâce à cette activité persévérante, s’accomplissait, de 1800 à 1815, une œuvre administrative dont les résultats essentiels, en survivant au premier empire, ont créé à M. Frochot des titres considérables à la reconnaissance de la population parisienne.


II. — SITUATION FINANCIERE DE PARIS APRES LES DEUX INVASIONS. — ADMINISTRATION MUNICIPALE DE 1815 A 1833.

M. de Chabrol, préfet de Montenotte, chargé de la délicate mission de garder à Savone Pie VII prisonnier, se trouvait en congé à Paris, lorsque l’injuste destitution du comte Frochot après la tentative avortée du général Mallet rendit vacante la préfecture de la Seine. M. de Chabrol avait fait en qualité d’ingénieur partie de l’expédition d’Egypte. Tout récemment la modération de sa conduite dans une position difficile avait été appréciée. L’empereur lui confia donc l’administration de Paris; M. de Chabrol la conserva pendant la première restauration, la quitta aux cent-jours, et la reprit ensuite pour l’occuper jusqu’en 1830. A l’inverse de son prédécesseur, qui venait réparer les maux causés par dix années de troubles, et dont la gestion s’était continuée durant une des plus brillantes périodes de notre histoire, il trouvait une situation prospère, une succession liquide; mais tout à coup des événemens funestes en vinrent troubler l’économie. Aussi, pour apprécier avec équité l’administration de Paris sous la restauration, il faut tout d’abord faire la part d’une mauvaise fortune dont la responsabilité échappe à celui qui en resta chargé ; la première moitié de son administration fut employée à subir et à réparer de grands désastres, et la seconde à préparer les ressources, à combiner les heureux élémens d’une prospérité qui devait surtout profiter à son successeur.

Comme on l’a vu, les charges laissées par la période précédente se composaient des deux emprunts de 1808 et de 1810 pour des