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Page:Revue des Deux Mondes - 1863 - tome 47.djvu/736

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totale s’élève à 5,259,085 lires. C’est bien là la partie la plus lourde du budget de l’enseignement dans le royaume d’Italie et celle qui est malheureusement la plus improductive. Les sept universités de la Prusse coûtent à l’état à peu près 3 millions, et en France la dépense de l’instruction supérieure ou plus exactement celle des facultés figure dans le budget pour 3 millions 1/2, qui ont été en grande partie dans les dernières années remboursés par les rétributions universitaires.

Il n’est pas difficile de s’expliquer la décadence des universités italiennes et de comprendre aussi comment, depuis la dernière révolution, ces universités ont imposé à l’état une dépense toujours croissante, alors même que leur discipline allait toujours se relâchant. Il suffit de se rappeler ce que nous avons dit des universités du moyen âge. On n’y trouvait d’abord que des cours privés, bornés à l’enseignement de la jurisprudence, de la théologie et de la philosophie. A côté des grandes universités, il y avait dans presque toutes les villes un peu importantes des chaires pour expliquer les pandectes et les lois romaines. Les municipalités prirent peu à peu les dépenses à leur charge; mais des universités ainsi formées ne coûtaient pas beaucoup, et en effet, si l’on excepte certaines villes qui étaient obligées de payer 7 et 800 et même 1,000 écus par an d’éminens professeurs, les chaires n’étaient d’ordinaire rétribuées que de la façon la plus modeste. A Bologne et à Pavie, le nombre des élèves était d’ailleurs si considérable, qu’il en résultait de grands profits pour les villes. Ainsi nos communes et nos républiques du moyen âge non-seulement tenaient à honneur de posséder des centres d’instruction, mais elles en tiraient des revenus. Il faut arriver à la grande révolution que Galilée et ses disciples firent en inventant la mécanique et la méthode expérimentale pour comprendre la modification profonde que les études supérieures et l’économie des universités ont dû subir depuis cette époque. Les trois quarts des enseignemens supérieurs modernes, et qui datent de cette époque à jamais mémorable pour la science et pour l’humanité, exigent des collections, des laboratoires, des cabinets, des observatoires qui coûtent des sommes énormes; une fois qu’on parle d’enseignement supérieur, on ne doit plus s’arrêter à des moyens imparfaits. A la tête des établissemens de ce genre, il faut appeler des hommes distingués, qui tirent des appointemens donnés par l’état les moyens de se consacrer uniquement au service de la science et ne soient pas réduits à chercher des sources de profit dans les applications industrielles. Qu’est-il résulté pour nos universités de ces exigences? On le devine : les petits états de la péninsule, ayant voulu conserver toutes les universités du moyen âge, ont cherché à y ajouter toutes les branches de l’enseignement moderne; n’ayant