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Page:Revue des Deux Mondes - 1863 - tome 47.djvu/400

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tème si logiquement construit et si bien fermé que tout s’y tienne et qu’on puisse indifféremment y prendre l’objet prouvé pour la preuve ou la preuve pour l’objet prouvé. Voyons donc quelques-uns des enseignemens que donnent les esprits.

Les différentes planètes qui circulent dans l’espace sont peuplées comme notre terre. Les observations astronomiques induisent à penser que les milieux où vivent leurs habitans respectifs sont assez différens pour nécessiter des organisations corporelles différentes; mais le périsprit s’accommode à la variété des types, et permet à l’esprit qu’il recouvre de s’incarner à la surface de planètes différentes. L’état moral, intellectuel et physique de ces mondes forme une série progressive dans laquelle notre terre n’occupe ni le premier ni le dernier rang; elle est cependant un des globes les plus matériels et les plus arriérés. « Il en est où le mal moral est inconnu,... où les arts et les sciences sont portés à un degré de perfection que nous ne pouvons comprendre,... où l’organisation physique n’est sujette ni aux souffrances, ni aux maladies,... où les hommes vivent en paix, sans chercher à se nuire, exempts de chagrins et de soucis. »

Demeurons néanmoins sur cette terre et examinons les hommes. Nous avons déjà indiqué les principes de la physiologie spirite, qui trouve dans l’homme le corps, l’esprit et le périsprit, sans compter le lien fluidique. On a vu comme le périsprit facilite l’incarnation; rien d’étonnant dès lors qu’il mène le spiritisme à affirmer les incarnations successives. Cette croyance se base d’ailleurs sur le raisonnement suivant : les esprits ou âmes doivent évidemment, si la justice n’est pas un vain mot, être absolument égaux entre eux; or nous en voyons sur la terre à des degrés d’avancement très différens, et nous constatons entre eux des inégalités notoires : c’est donc que nous les rencontrons dans des périodes différentes de leur avancement général, dans des incarnations plus ou moins voisines de leur début. Tous les problèmes physiologiques ou sociaux s’expliquent, à la lumière de ces principes, sans aucune difficulté, et il n’y a guère de question qui ne se trouve résolue en même temps qu’elle est posée. — Pourquoi y a-t-il des enfans bons dans un milieu pervers et malgré les mauvais exemples, tandis que d’autres sont vicieux dans un bon milieu et malgré les bons conseils? Pourquoi deux enfans d’un même père sont-ils l’un intelligent et l’autre stupide? Cette différence est le résultat des progrès accomplis dans les existences antérieures. — Pourquoi trouve-t-on chez certaines personnes nées dans une condition servile des instincts de dignité et de grandeur, tandis que d’autres, nées dans les classes supérieures, ont des instincts de bassesse? Ce sont des souvenirs intuitifs de la position sociale qu’elles ont occupée et du caractère qu’elles ont montré