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Page:Revue des Deux Mondes - 1863 - tome 47.djvu/391

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naturellement contre les dangers auxquels il est exposé. C’est ainsi qu’il nous raconte quelque part avec émotion l’histoire d’une énorme branche de chêne, dont la chute inexpliquée faillit lui couler la vie et ne le laissa vivant que par miracle. Cette branche joue un certain rôle dans l’œuvre de M. Home. On y tailla un billot « de trois pieds huit pouces de haut sur trois pieds de diamètre, » qui accompagna le médium dans quelques-uns de ses voyages et qui devint le siège de manifestations prodigieuses. Il arriva notamment à M. Home, faible et maladif, de soulever cette grosse masse comme une plume, alors que deux hommes vigoureux pouvaient à peine l’ébranler.

On a déjà vu comment M. Home sent instantanément que telle ou telle personne vient de mourir au loin. Son livre est plein de récits de cette nature. Il a dans certains cas la prescience, ce qu’il appelle « le souvenir du futur. » Il opère aussi, quand l’occasion s’en présente, des guérisons miraculeuses. Une mère, dont le fils était sourd depuis quatre ans par suite d’une fièvre typhoïde, vient le trouver, le suppliant de guérir son enfant. « C’était en vérité une entrevue embarrassante pour nous deux, la mère priant pour la guérison de son enfant, et moi ne sachant nullement comment je pouvais servir à le délivrer de cette ancienne et complète surdité; le malade avait été soumis aux traitemens des premiers médecins de Paris, qui avaient fini par juger le cas incurable. Elle prit place sur une chaise près d’un sofa, sur lequel je m’assis, en priant le fils de se mettre à ma gauche. Celui-ci était dans sa quinzième année, d’une stature élevée pour son âge et d’une complexion délicate, avec de grands yeux bleus, dont le regard profond semblait vouloir suppléer au sens perdu. La mère me fit le récit complet de la maladie de son enfant depuis la première attaque de la fièvre jusqu’à la perte complète de l’ouïe. Pendant qu’elle me décrivait les diverses opérations chirurgicales auxquelles on avait soumis le malade, mes sympathies s’étaient soudainement réveillées, et, passant involontairement mon bras autour du corps de l’enfant, je l’avais ramené vers moi, sa tête appuyée à mon épaule. Alors, et pendant que sa mère me racontait quelques détails des plus pénibles, je passai ma main sur la tête du jeune garçon, qui tout à coup, se relevant vivement, s’écria : Maman, je t’entends!... Depuis ce jour, il n’a cessé d’entendre parfaitement. »

M. Home, comme on le pense bien, en s’attribuant un rôle surnaturel, a toujours cherché l’appui de la religion. Il se rencontra toutefois des momens où le fanatisme de certaines populations lui fit courir des dangers réels. Il en fut ainsi notamment à Florence dans l’année 1856. Le bruit s’était répandu parmi le peuple que le thaumaturge « administrait les sacremens de l’église aux crapauds pour