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Page:Revue des Deux Mondes - 1863 - tome 47.djvu/197

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matin à Londres, par le télégraphe, les observations qu’elles ont faites, savoir les hauteurs du baromètre et du thermomètre, la force et la direction du vent, l’état du ciel et de la mer. Ces observations sont comparées entre elles. Avec quelque habitude, on reconnaît la direction, l’étendue et la marche des grands courans d’air qui s’agitent au-dessus des îles britanniques. Les vents dominans étant ceux du nord-est et du sud-ouest, ce sont les côtes septentrionale et occidentale qui sont les premières atteintes par un changement de temps. On commence donc par s’occuper de la région de l’Ecosse, puis ensuite de l’Irlande. D’après les renseignemens fournis par chaque station, on estime les effets probables que produiront les vents le lendemain et le surlendemain, et l’on en conclut le temps moyen pro!)able pour toute la région. Ce temps probable s’exprime en peu de mots : on se contente d’indiquer quel sera le vent dominant, si le ciel sera beau ou couvert, s’il y aura de la neige ou de la pluie. Quelquefois, mais rarement, les indications recueillies ne sont pas assez concordantes, et on annonce seulement que le temps sera incertain.

Ces opérations, qu’il serait trop long de décrire en détail, se font très rapidement. Chaque matin, vers onze heures, l’état probable de l’atmosphère pour les deux jours suivans est dressé et envoyé, avec les tables qui lui servent de hase, aux divers organes de la presse ainsi qu’aux établissemens publics que ces prévisions intéressent. De plus on transmet aux ports de mer les avertissemens qui peuvent leur être utiles, afin que les navires qui sont en vue puissent être prévenus par des signaux d’une tempête imminente. Ces signaux sont bien simples. Un cône dont la pointe est tournée vers le ciel indique un orage venant du nord; si la pointe est en bas, l’orage est attendu du sud. Si l’on ajoute un tambour au-dessous ou au-dessus du cône, c’est l’indice d’un dangereux coup de vent du nord ou du sud. Pour la nuit, les mêmes signaux se font avec trois ou quatre fanaux disposés en triangle ou en carré. Les marins qui sont prêts à s’embarquer peuvent ainsi se mettre en garde contre une tempête. Les bateaux pêcheurs qui sont au large peuvent rentrer à temps, et les voyageurs qui ne prennent qu’accidentellement la mer savent d’avance s’ils auront ou non une traversée favorable.

A proprement parler, dit M. Fitz-Roy, ce ne sont pas là des prophéties ni des prédictions. On doit plutôt appeler prévisions ces renseignemens déduits du calcul et des observations. Il n’y a en leur faveur que des probabilités, et ils peuvent être contredits par un changement brusque dans l’atmosphère, comme par exemple par l’irruption soudaine d’un coup de vent ou par une perturbation élec-