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Page:Revue des Deux Mondes - 1860 - tome 26.djvu/69

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immédiate n’a pas à s’occuper des impôts indirects ; ils donnent cependant lieu à des plaintes très vives. On a mentionné déjà l’impôt de consommation pour la viande et le vin dans les campagnes. En Angleterre comme en France, l’impôt de consommation ne frappe la viande que dans les villes. En Autriche, le décret du 12 mai 1859 assimile sous ce rapport les populations rurales aux populations urbaines. C’est encore un des surcroîts de charges occasionnés par la guerre : il compte pour 3 millions de florins dans la surélévation de 18 millions qui frappe les impôts indirects en général pour 1859 et 1860. L’impôt de consommation sur les boissons est un des plus lourds en Hongrie. Dans une lettre de l’ancien dictateur Kossuth, récemment publiée par les journaux anglais, on voit que le propriétaire d’un vignoble, après avoir acquitté l’impôt foncier, si élevé déjà, doit payer 1 florin par baril de 10 gallons, lequel se vend de 2 à 3 florins. En outre, comme le producteur est tenu à l’impôt de consommation pour boire son propre vin, il doit souffrir que les scellés soient mis sur ses barils dans sa cave, à moins qu’il ne préfère solder un abonnement annuel, que le fisc apprécie arbitrairement. Un respectable chanoine d’une église cathédrale a vu sa consommation évaluée à la contenance de 200 gallons par mois, soit plus de la moitié d’un baril par jour.

Les droits de timbre et de mutation ont donné lieu à des réclamations telles que l’empereur, par un billet autographe adressé au gouverneur du Tyrol, vient de décider que les droits de mutation entre vifs et par suite de décès ne porteraient que sur la moitié de la valeur pour toutes les possessions et propriétés de paysans dont la valeur totale n’excède pas 4,000 florins. Cette réforme sur un point du territoire où le gouvernement a tant de raisons de ne pas laisser s’accroître le mécontentement montre la nécessité d’appliquer des mesures semblables aux autres provinces, et on ne saurait comprendre comment une commission spéciale n’a pas été chargée de procéder pour les impôts indirects, comme pour les impôts directs, à un travail d’ensemble. Il est d’ailleurs un point dont les ministres de l’empereur sont appelés, dans un court délai, à s’occuper sérieusement : la question de l’union douanière de l’Allemagne entière et de l’entrée de l’Autriche avec tous ses états dans le Zollverein se représentera avant une année par l’expiration du traité signé avec la Prusse en 1853. Le système douanier autrichien sera-t-il maintenu dans toute l’extension libérale que lui ont donnée les tarifs de 1851 et de 1853 et le décret du 19 mars 1856 ? Il faudra y réfléchir mûrement, car l’industrie intérieure se plaint, et avec raison, de n’être point en état de lutter contre l’industrie étrangère, mieux pourvue de capitaux : ainsi l’Autriche produit seulement