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Page:Revue des Deux Mondes - 1860 - tome 26.djvu/607

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LEONARD DE VINCI

Photographies d’après la Cène de Milan et le carton de la tête du Christ au musée de Brera, Milan 1859. — Photographies d’après les dessins de Léonard de Vinci de la galerie de Florence, Florence 1859. — Vasari, tome VIl, Florence 1851, etc.



En bien des cas, l’intérêt qui s’attache à l’étude d’une des branches de l’activité humaine ne dépasse guère le domaine spécial qu’elle embrasse ; le poète, l’artiste, l’homme d’état, le savant n’ont alors d’autre importance que celle qui ressort de leurs œuvres : ce sont des individus, mêlés sans doute à leur temps, contribuant par leur personnalité à lui donner sa valeur et sa physionomie, mais qui ne règlent ni ne déterminent sa marche et sa direction. Certains hommes au contraire sont à la fois les promoteurs et les représentans d’une civilisation tout entière. Athènes, au siècle de Périclès, avait des politiques et des guerriers ; Rome, au temps d’Auguste, avait des artistes et des poètes : si l’on recherche pourtant le caractère particulier de ces époques fameuses, il faut le demander à Phidias et à Platon, à Cicéron et à César. C’est dans les discussions et les luttes religieuses, chez les satiriques et les théologiens, qu’on retrouve le véritable sens du XVIe siècle ; c’est dans la littérature du XVIIe siècle français, chez ses moralistes, ses philosophes raisonnables, ses poètes timides, mais parfaits, que se présente l’image la plus fidèle d’une société modérée et polie dont la sève commence à se tarir, qui ne connaît plus les élans fougueux de la jeunesse, mais qui ne descend jamais au-dessous d’un certain niveau, et dont le goût le plus exquis a marqué toutes les œuvres.