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Page:Revue des Deux Mondes - 1860 - tome 26.djvu/508

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1° du produit net actuel des recettes de toute nature du service des postes, 2° d’une part de 75 pour 100 dans le produit des droits d’entrée sur le café, et de 34 pour 100 dans le produit des droits d’accise sur les vins et eaux-de-vie provenant de l’étranger, sur les eaux-de-vie indigènes, sur les bières et vinaigres et sur les sucres ; — répartition de ce fonds entre toutes les communes au prorata du principal de la contribution foncière sur les propriétés bâties, du principal de la contribution personnelle et du principal des cotisations de patentes. Le gouvernement fait ainsi un sacrifice de 3,500,000 fr. ( 2 millions de réduction des charges publiques et 1,500,000 fr. du chef de l’abandon des recettes des postes). L’accroissement constant des revenus publics lui permet de le faire sans déranger l’équilibre du budget. Bien que l’on aime en Belgique à voir l’action de l’état s’effacer devant l’action des individus et des communes, cette mesure gouvernementale a été accueillie avec la plus grande faveur dans le parlement et dans le pays, parce que l’expérience a prouvé que les communes étaient impuissantes à réaliser la réforme, et parce qu’au-dessus de l’intérêt communal il y a ici un intérêt général qui ne peut être sauvegardé que par une loi. M. le ministre des finances, en proposant cette loi, s’est rallié les sympathies des partisans de la liberté commerciale, dont il avait trompé les espérances depuis son retour aux affaires ; tous ont vu dans cette suppression des douanes intérieures un acheminement vers l’abaissement et la simplification du tarif des douanes extérieures. L’utilité évidente de la suppression des octrois, le caractère pratique des moyens proposés pour l’accomplir, assurent le succès du projet du gouvernement. Si, comme toute chose, il rencontre quel que opposition, on peut affirmer dès à présent qu’il ne sera pas sérieusement combattu.

E. FORCADE.


REVUE MUSICALE.

Au milieu des concerts et des virtuoses de tout genre dont nous sommes assourdis, les théâtres lyriques n’en produisent pas moins des œuvres diverses qu’il nous faut apprécier. À l’Opéra-Comique on a donné le Roman d’Elvire de M. Ambroise Thomas, au Théâtre-Lyrique Phîlémon et Baucis de M. Gounod, à l’Opéra un grand ouvrage en quatre actes de M. le prince Poniatowski, sous le titre de Pierre de Médicis. Quant au Théâtre-Italien, il vit modestement de ses vieux chefs-d’œuvre plus ou moins bien interprétés. Après le Mariage secret, dont les représentations ont été fructueuses, on a repris le Don Juan de Mozart avec M. Badiali, qui a chanté le rôle principal de manière à se faire pardonner presque les soixante printemps dont il supporte le fardeau avec beaucoup d’aisance. Il a fort bien