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Page:Revue des Deux Mondes - 1860 - tome 26.djvu/479

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LES
STATISTIQUES AGRICOLES
DE LA FRANCE



Depuis longtemps déjà, dans notre siècle curieux de savoir et de comprendre parce qu’il est curieux de conclure et de mettre en pratique, le vent est aux statistiques. Il s’en fait en tous pays, il y en a de toute sorte et pour toutes choses, et je ne serais pas surpris d’apprendre bientôt qu’on en élabore dans la république de Libéria et dans l’archipel de Taïti. Le bien et le mal, la naissance et la mort, la misère et la richesse, la bienfaisance et l’industrie ont leurs statistiques ; il n’est pas de fait se renouvelant, je ne dirai pas chaque jour, mais même chaque année, qui ne soit consigné, additionné, et ensuite un beau matin rappelé au public par des imprimés spéciaux, simples brochures ou gros volumes, dont le sort varie suivant le mérite et l’opportunité de chaque publication. Cela est, et cela doit être. Tout ce qui se reproduit périodiquement a son importance : la quantité d’eau qui tombe, la direction du vent qui souffle, le nombre exact des fils de coton qui se fabriquent et se consomment, la proportion relative à l’âge et au sexe des crimes et des délits, la masse de substances alimentaires que dévore chaque jour une grande ville comme Paris, etc. Chacun, suivant la tendance de son esprit et les devoirs de sa vie, trouve dans tel ou tel document de cette nature des satisfactions pour sa curiosité intellectuelle, des indications pour sa conduite, des probabilités pour son avenir. Aussi voyons-nous que les livres de statistique sont très recherchés et se multiplient.

L’agriculture, qui touche par l’impôt direct et l’impôt indirect à notre système fiscal, par ses récoltes à notre alimentation publique et au développement de notre richesse nationale, par son organisation économique aux bases mêmes de notre société, l’agriculture ne pouvait pas rester étrangère aux études de nos savans : elle a, depuis le Projet d’une dixme royale