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Page:Revue des Deux Mondes - 1860 - tome 26.djvu/231

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REVUE MUSICALE

LES ÉCRITS ET LA MUSIQUE DE M. WAGNER

M. Richard Wagner a terminé son expérimentation, et les trois concerts qu’il avait annoncés au Théâtre-Italien ont eu lieu le 25 janvier, le 1er et le 8 février. Le programme, composé d’un choix de morceaux à grand orchestre, est resté presque invariable pour les trois soirées. On a donc pu se bien pénétrer de l’esprit et de la forme de l’œuvre de M. Wagner, qui, en Allemagne, est le sujet de tant de discussions oiseuses. Nous nous croyons aujourd’hui parfaitement en mesure de donner aussi notre avis sur les prétentions et les efforts du bruyant réformateur.

M. Wagner est dans la force de l’âge et dans toute la plénitude de ses facultés, car il est né à Leipzig le 10 mai 1813. Appartenant à une famille d’artistes, il fut livré de très bonne heure à ses propres instincts, et s’adonna à l’imitation naïve de tout ce qu’il voyait faire autour de lui. Poésie, art dramatique, peinture, tout fut un objet de préoccupation pour M. Wagner, dont la fantaisie musicale ne s’éveilla qu’à l’âge de quinze ans, après une audition de la Symphonie Pastorale de Beethoven. Il se mit alors à composer aussi toute sorte de morceaux, et jusqu’à une symphonie qu’il eut le bonheur d’entendre exécuter par la société des concerts de la ville de Leipzig. Cet événement eut lieu le 10 janvier 1833. M. Richard Wagner avait alors vingt ans. Nommé chef d’orchestre au théâtre de Magdebourg en 1834, M. Wagner s’essaya aussi à écrire pour le théâtre. Il traça le canevas d’un petit opéra en un acte, les Fées, d’après une nouvelle du Vénitien Gozzi, et fit représenter la Novice de Palerme. S’étant marié très jeune, je crois, aux