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Page:Revue des Deux Mondes - 1860 - tome 26.djvu/137

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SIR W. HAMILTON

Lectures on Metaphysics and Loic, by sir W. Hamilton ; 2 vol. Edinburgh 1859.



Ce n’est pas l’Ecosse qui a commencé la réputation de William Hamilton. M. Brandis en Allemagne l’avait proclamé le grand maître. de la philosophie péripatéticienne, et M. Cousin en France un des premiers critiques philosophiques de l’Europe, qu’il était à peine connu dans sa patrie, et qu’on lui disputait ses titres à une chaire de logique dans l’université d’Edimbourg. Ses disciples les plus touchés de son mérite et de sa gloire ne datent sa prise de possession définitive du rang qui lui appartient dans l’opinion de ses compatriotes que de l’époque où il publia son édition des œuvres de Reid. Il y a de cela quatorze ans, il en avait cinquante-huit, et depuis dix-sept ans il avait donné le premier écrit qui l’a fait connaître au monde philosophique. Diverses causes ont pu contribuer à la lenteur avec laquelle ce nom est sorti de l’obscurité pour n’y jamais rentrer. La première est sans doute le caractère de Hamilton, plus amoureux de l’étude que de la composition, plus captivé par le travail de la pensée que par le besoin de la propager, et qui garda longtemps le secret sur ses recherches avant d’en révéler au monde la direction et l’originalité ; mais il faut peut-être tenir plus de compte encore de l’état général des esprits en Ecosse au temps où il commença d’écrire. La philosophie n’était pas populaire dans le pays de Hume et de Reid ; elle y était tombée dans l’oubli ou du moins l’abandon, fort dédaignée et légèrement suspectée par la théologie,