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Page:Revue des Deux Mondes - 1859 - tome 22.djvu/967

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UN ARTISTE
CHEZ
LES PEAUX-ROUGES

Wanderings of an artist among the Indians of North America, by Paul Kane ; London 1859, Longman and C°.



Il faut se hâter de visiter les peaux-rouges. Ces tribus, naguère encore maîtresses de tout un monde, disparaissent rapidement refoulées et anéanties par l’invasion de la race blanche. Leurs destins sont marqués. Avant un siècle peut-être, le dernier Indien de l’Amérique du Nord aura regagné le séjour du Grand-Esprit : race malheureuse qui, après avoir vécu en se multipliant dans la barbarie, s’éteint frappée de mort au contact de la civilisation ! Dans les États-Unis, les territoires assignés aux Indiens se dépeuplent dans des proportions effrayantes ; il en est de même dans l’Amérique anglaise. Ce n’est point que la race blanche veuille à tout prix dominer et exister seule sur ces immenses régions, qui pourraient aisément nourrir les anciens et les nouveaux maîtres du continent américain. Dans l’origine, aux premières ardeurs de la conquête, lorsque les pionniers européens se sont précipités sur le sol, il y eut sans doute de nombreux actes de violence ; mais aujourd’hui, sous l’inspiration d’idées plus humaines, l’administration des États-Unis et le gouvernement britannique tentent de louables efforts pour conserver les