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Page:Revue des Deux Mondes - 1858 - tome 15.djvu/589

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France aurait faites pendant tout le temps où elle aurait tiré son approvisionnement de l’étranger.

En résumé, de tout ce que je viens d’exposer, il me semble résulter que, dans la question commerciale des houilles, les droits de douane constituent une taxe mal à propos levée au détriment des consommateurs, sans qu’elle le soit toujours au profit des producteurs ; ceux-ci en effet n’oseront prétendre que le droit d’importation maritime leur est utile, puisqu’il ne représente qu’une fraction peu importante de l’énorme distance que les charbons indigènes auraient à franchir pour arriver sur les points que dessert l’importation anglaise, tandis que ce droit forme, ainsi qu’on le peut voir en le comparant au prix moyen, une fraction assez notable du prix d’achat de la houille. J’ajouterai d’ailleurs que les droits sur l’importation houillère ne sont point, à l’instar de certains impôts très productifs pour le trésor, d’une valeur telle que la suppression en puisse constituer un embarras : ils ne rapportent maintenant que 8 millions par an. Le prix de revient de la houille française n’est pas plus cher que celui de la houille anglaise ou belge ; nos mines ne peuvent suffire à notre consommation, qui croît sans cesse, qu’il serait téméraire de vouloir entraver. Toute notre industrie manufacturière est intéressée à se procurer avec abondance, et au plus bas prix possible, les matières premières qu’elle emploie, et particulièrement le combustible ; il n’y a donc aucune raison pour protéger nos houillères par une élévation des tarifs de douane. La libre entrée en France de la houille étrangère dans un avenir qui n’est vraisemblablement point éloigné, qui aura été préparé de longue main, de manière à ne pas produire de perturbation subite, me paraît un fait certain, que la pratique et la théorie s’accordent à justifier. Le gouvernement ne doit à l’industrie houillère que l’amélioration de la navigation intérieure de la France et le développement de notre réseau de chemins de fer.

Il est sans doute une question que cette étude a soulevée dans l’esprit du lecteur. Quelle est la relation qui peut exister entre le combustible végétal et le combustible minéral ? Quelles sont les quantités de carbone mises ainsi par la nature à la disposition de l’homme sous ces deux formes ? S’il est difficile de résoudre avec une approximation suffisante le problème embrassé dans toute sa généralité, il est du moins possible de savoir avec beaucoup d’exactitude quelles sont, pour la France seulement, les productions relatives en bois et en houille. Les renseignemens les plus récens donnent à notre sol forestier une superficie totale de 8,488,072 hectares, ainsi partagée : domaine de l’état, 1,087,952 ; communes et établissemens publics, 1,835,880 ; particuliers, 5,497,460 ; couronne, 66,780. Pour évaluer la production annuelle de nos forêts, il nous faut connaître celle