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Page:Revue des Deux Mondes - 1856 - tome 3.djvu/899

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Il serait évidemment de l’intérêt de la papauté d’enraciner ces institutions, qui suppléent aux institutions politiques, d’en assurer l’intégrité et l’efficacité ;

Dans l’ordre, judiciaire, qui n’est pas moins important que l’ordre administratif, des améliorations sérieuses ont été également accomplies. Les lois civiles et criminelles ont été l’objet d’une révision. Des codes de procédure de commerce, en général calqués sur les codes français, ont été promulgués. Le système des hypothèques est à peu près semblable au nôtre. Ce sont les premiers essais d’une utile transformation ; mais on ne peut méconnaître que ce ne sont là encore que les premiers pas dans cet épais fourré de la législation romaine, dans ce chaos qui a longtemps constitué l’ordre judiciaire des états pontificaux. À Rome, il y a des tribunaux de toute sorte et un peu sous tous les noms. Ce qui manque, c’est une définition claire des attributions de chacun de ces tribunaux et des divers degrés de juridiction. Dès qu’on a mis le pied sur ce malheureux terrain, il est difficile de ne point se heurter à quelque question d’in compétence, à quelque exception inattendue. La distinction des causes civiles et ecclésiastiques est surtout une source permanente de difficultés. Qu’une propriété, dans ses transmissions successives, ait appartenu à un établissement religieux, que l’une des parties ait été à quelque degré de l’église, ou qu’elle compte parmi ses créanciers un prêtre : cela suffit pour que la compétence des tribunaux ecclésiastiques s’étende sur la cause, et il faut de nouveau entreprendre un voyage à travers toutes les juridictions. Le gouvernement n’est point seul responsable sans nul doute, et ce n’est pas sa faute si les avocats romains sont fort experts à trouver des exceptions et à soulever des conflits ; mais ce n’est point un motif pour leur fournir l’occasion d’exercer leur habileté, et un peu d’ordre dans ces matières serait assurément un grand bienfait et une garantie de paix.

Les finances sont peut-être une des parties les plus faibles de l’administration romaine. Depuis vingt ans, à vrai dire, le budget est en déficit permanent, soit par suite d’une insuffisance réelle de recettes, soit que certaines dépenses s’accroissent trop facilement, soit enfin qu’il y ait répartition mal calculée des impôts, ou que la gestion des deniers publics n’ait pas toujours été d’une exacte régularité. Tous les corps publics qui ont eu à émettre un avis, tous les hommes qui se sont occupés de ces matières à Rome ont constaté cette plaie. Ils n’ont point caché que pendant longtemps les chiffres des revenus étaient plus apparens que réels, et qu’il y avait eu de grands abus, — abus inévitables avec un système qui n’établissait aucun budget préventif, qui se résumait dans le règlement des dépenses faites. Un