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et dans l’état de Sonora. Les Lipans, les Cothos, les Wakos, les Delawares sont peu nombreux ; les Delawares n’ont rien de féroce. On trouve encore sur les bords du Rio-Grande, autour du golfe et à l’est, quelques groupes d’Indiens manzos (Bons), débris ou fractions de tribus.

Les religions sont nombreuses au Texas. Les Mexicains et les Indo-Mexicains sont catholiques ; mais faute d’une suffisante instruction primitive, ils se sont fait une croyance toute superficielle qui méconnaît les vérités les plus essentielles de la foi, les principaux devoirs du chrétien, et qui mêle au dogme et à la morale les coutumes bizarres et les superstitions. Ils ont besoin que des esprits plus éclairés les amènent à la pure lumière du vrai christianisme, et ils s’y laisseront amener, car ils ont en matière religieuse beaucoup de simplicité et de sincérité, et ils écoutent docilement la voix du prêtre. Beaucoup de créoles sont également catholiques. Parmi les Anglo-Américains, la grande majorité est méthodiste ou presbytérienne ; les baptistes, anabaptistes, épiscopaliens, quakers, mormons et autres sont peu nombreux.

Quant aux Indiens, leur religion varie avec la tribu, et il est difficile d’en connaître les détails précis, car on n’a de renseignemens que par les récits des prisonniers qui leur ont échappé, et on ne peut y croire sans réserve. Les Comanches adorent le soleil et la lumière. Ils sont très superstitieux : leurs prêtres ou devins leur donnent des amulettes qui les préservent, disent-ils, de tout danger et les dérobent aux atteintes des animaux et des hommes. Ces prêtres ont une façon très simple, facile et sûre d’être devins : la nuit, enveloppés de grandes draperies blanches, ils courent ou plutôt volent sur leurs chevaux, à travers les prairies et les montagnes, pour reconnaître les caravanes qui sont en marche, savoir de quel côté elles se dirigent, compter le nombre des voyageurs ; le jour ils se déguisent de mille manières, pénètrent dans les villes, épiant et furetant Rentrés chez eux, ils donnent solennellement à la tribu, comme des révélations dues aux esprits, des indications dont l’expérience prouve la justesse. Les autres Indiens adorent le Grand-Esprit, qu’ils logent dans le ciel, et qui étend sur eux sa protection. Du reste, ils ne le fatiguent pas de prières bien variées : tout ce qu’ils lui demandent, ce sont de bonnes tueries à la chasse et de bonnes aubaines dans le pillage.

Les tribus sédentaires n’ensevelissent pas leurs morts ; elles amoncèlent sur eux les branches et la terre pour les préserver des loups et des bêtes fauves ; elles les entassent indéfiniment les uns sur les autres, de sorte que si la tribu demeure très longtemps dans le même endroit, le cimetière s’élève en s’étendant et devient une petite colline mortuaire que les blancs appellent montagne indienne. Les