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Page:Revue des Deux Mondes - 1856 - tome 3.djvu/623

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s’ils ont acheté de la rente, pour quinze jours s’ils ont acheté des actions. En élevant cet intérêt, on met les spéculateurs dans la nécessité d’avouer leur besoin d’argent ; en l’élevant encore, on finit par les contraindre à vendre les valeurs qu’ils avaient achetées. Ces ventes forcées se font pour la plupart le même jour, le jour de la liquidation, elles produisent une baisse, et X…, le capitaliste de notre hypothèse, en supprimant ou restreignant le crédit qu’il faisait à la spéculation, peut profiter de cette baisse pour acheter à bas prix les valeurs abandonnées par la spéculation.

Dans le cas contraire, si au lieu d’acheter X… veut vendre, s’il a intérêt à la hausse des prix, le mécanisme des reports fournit égale ment le moyen de produire le mouvement inverse dans le sens de la hausse. Si la rareté des capitaux qui se prêtent à la spéculation ; sur une valeur amène la baisse de cette valeur, le retour de l’abondance des capitaux vers la valeur qu’on veut faire monter en détermine la hausse. L’extrême modicité ou la gratuité du prix des reports est un signe de la rareté des titres ; elle semble en effet annoncer que les détenteurs des valeurs ne veulent pas s’en dessaisir, et que ceux qui les ont vendues ne sont point en état de les livrer, puis qu’ils consentent à faire les reports sans profit. Cette situation du marché est une cause de hausse, car elle indique que l’argent est plus abondant que les titres, que la demande est plus forte que l’offre. Les spéculateurs à la hausse se portent donc sur la valeur qui présente des conditions de report si avantageuses, et déterminent un mouvement de hausse dont ceux qui ont fourni les fonds pour les reports peuvent profiter en écoulant à un prix élevé la va leur qu’ils ont à vendre. Lorsqu’ils ont achevé leurs ventes, ils peuvent faire disparaître l’abondance apparente des capitaux qui avait alléché la spéculation, et élever le prix des reports. Alors les spéculateurs, ne trouvant plus à la liquidation suivante le marché dans les conditions sur lesquelles ils avaient compté, lâchent pied, vendent, font la baisse à leurs dépens, et ceux qui, au moyen de la supériorité de leurs capitaux, ont dirigé ce double mouvement, peu vent profiter encore de la baisse pour acheter, comme ils avaient profité de la hausse pour vendre.

Les opérations à prime sont surtout celles qui peuvent fournir aux puissans capitalistes le moyen de vendre leurs valeurs au-dessus du cours naturel. Nous avons expliqué la combinaison de l’opération à prime. L’acheteur d’un côté limite sa perte et se réserve de renoncer à son marché moyennant le paiement d’une prime ; mais d’un autre côté il s’engage, dans le cas où il n’abandonnera pas le marché, à payer la valeur à un prix plus élevé que celui qu’elle a actuellement sur le marché des opérations fermes. Quand on a des quantités