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Page:Revue des Deux Mondes - 1856 - tome 3.djvu/613

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donnent aux valeurs ne soit point directement reproductive, comme la circulation des capitaux dans le commerce et l’industrie, elle a pourtant une influence indirecte, mais heureuse et féconde, sur les progrès de la richesse générale, puisque sans elle le crédit public et le crédit commanditaire seraient soumis à de gênantes restrictions.


Les prix des valeurs se fixent donc à la Bourse. Les variations de ces prix sont déterminées par des influences de plusieurs sortes, les unes naturelles, les autres artificielles : nous allons passer rapidement en revue les unes et les autres, afin d’être en mesure d’apprécier l’usage ou l’abus qu’on en peut faire.

Parmi les causes naturelles qui influent sur les prix, il en est de générales qui agissent sur l’ensemble des valeurs, il en est de parti culières qui tiennent à la nature propre de chaque valeur.

Les causes générales sont politiques ou financières. C’est de la situation politique que dépend la sécurité dont les affaires ont besoin pour se développer. Sans sécurité, les affaires n’ont pas d’horizon, les capitaux n’ont pas de confiance et d’élan ; avec la sécurité, les capitaux s’aventurent, les affaires prennent leur essor. Suivant que la situation politique paraît bonne ou mauvaise, suivant qu’elle est de nature à augmenter ou à diminuer la sécurité générale, les prix des valeurs tendent donc à monter ou à baisser. L’influence de la situation politique sur les prix est générale et simultanée : toutes les va leurs s’en ressentent. Il en est de même de la situation financière. Si elle est bonne, si l’industrie et le commerce sont dans une situation prospère, si les capitaux abondent, une hausse générale des prix en est la conséquence. Si elle est mauvaise, si les capitaux se resserrent, si l’argent devient rare et cher, une tendance générale entraîne les valeurs à la baisse. L’ensemble donc de la situation politique combinée avec la situation financière imprime au marché une impulsion générale de hausse ou de baisse à laquelle obéissent toutes les valeurs.

Outre cette influence générale, chaque valeur subit dans les variations de son prix l’influence des conditions, des combinaisons et des accidens qui résultent de sa nature particulière. On peut ranger en deux classes les valeurs qui se négocient à la Bourse. Les unes représentent les emprunts de l’état et des compagnies : ce sont les titres de rente et les obligations ; elles produisent un revenu qui n’est soumis à aucune chance aléatoire d’augmentation ou de diminution, un revenu fixe. Les autres représentent les capitaux associés dans les entreprises de commandite : ce sont les actions ; elles produisent un revenu variable, un dividende prélevé proportionnelle ment sur les bénéfices de l’entreprise. Parmi ces valeurs, celles de la