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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/885

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les villes, notamment des cours élémentaires de chimie, de mécanique, de physique et de mathématiques, propres à développer dans l’esprit des ouvriers l’intelligence de leur profession. Parmi les cités qui jouissent à un degré quelconque d’un enseignement de ce genre, on peut nommer Metz, Mulhouse, Colmar, Bar-le-Duc, Besançon, Reims, Nancy, Dijon, Rive-de-Gier, Langres, etc. Quelquefois ces créations sont dues à l’initiative individuelle ainsi, à Besançon, c’est un simple citoyen qui a fondé en 1823 un cours public et gratuit sur les mathématiques dans leurs rapports avec les arts. À Bar-le-Duc, des cours industriels avaient été institués par une association de souscripteurs ; ils ont été pris à la charge du budget communal. Des sociétés particulières, à la tête desquelles figure, par son influence et ses ressources, la Société Industrielle de Mulhouse, ont stimulé l’activité locale et donné l’élan aux populations. Dans une petite ville de la Côte-d’Or, à Sémur, une société privée a établi des cours de physique et de chimie. Quelques manufacturiers sont entrés dans la lice : ainsi, dans un grand établissement de Guebwiller (Haut-Rhin), on donne aux ouvriers des leçons gratuites sur le dessin linéaire, la géométrie et les machines.

On rencontre encore dans l’est de la France plusieurs institutions vouées à une destination toute spéciale. Les plus importantes, celles dont le régime mérite le plus d’être étudié, sont situées à Lyon, Strasbourg, Nancy et Saint-Étienne. La ville de Lyon vient, sous ce rapport, au premier rang comme sous celui de la population et de la richesse industrielle. Outre l’école Lamartinière, qui joint à l’enseignement de la mécanique, de la physique, de la chimie et du dessin, des cours sur la fabrication des étoffes, un assez grand nombre d’institutions particulières démontrent par pratique le tissage au métier, et par théorie la décomposition des étoffes ; elles apprennent ainsi à monter les métiers conformément à tous échantillons donnés. On y enseigne la mise en carte, le dessin pour la fabrique, la comptabilité des ateliers ; ces leçons pénètrent, comme on le voit, au cœur même de l’industrie lyonnaise ; il serait à désirer seulement que l’instruction fût ici plus libéralement dispensée, et que la ville la rendît gratuite. Lyon compte aussi des cours de tracé de figures et de coupe des pierres, et plusieurs écoles de dessin pour les ouvriers menuisiers ; mais on regrette encore qu’il faille payer pour y être admis. Strasbourg possède une école industrielle fort bien organisée et entretenue par la munificence communale. En dehors d’un enseignement théorique élémentaire sur les sciences mathématiques et physiques, l’instruction pratique y comprend le travail- du fer à la forge et à l’étau, l’art du tourneur, la menuiserie, la lithographie, les manipulations chimiques. Pour le choix de l’atelier, on se règle sur les goûts et l’aptitude des élèves. À Nancy, on a créé, il y a quelques années, une maison pour les apprentis sur un plan tout-à-fait neuf. Les résultats obtenus ont paru dignes des encouragemens