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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/876

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une section littéraire et scientifique appropriée aux besoins de la bourgeoisie, et une section industrielle proprement dite ; mais là s’arrête la ressemblance. Tandis que chez les Belges l’enseignement professionnel a pour principal élément des notions plus ou moins étendues sur les sciences mathématiques et physiques, toute l’instruction des écoles industrielles de la Prusse se dirige vers les arts et métiers, dont les études plastiques et graphiques forment la base. La constitution économique du pays assure à ces écoles un rôle déterminé. Le principe de la liberté du travail n’est pas, en Prusse, la loi souveraine de l’industrie. Des conditions sont imposées pour l’exercice de certaines professions : ainsi il faut avoir un certificat de capacité pour être charpentier, maître maçon, fontainier, constructeur de moulins, etc. La section industrielle des écoles bourgeoises donne les connaissances nécessaires pour obtenir ces titres. Au-dessus de ces institutions disséminées sur toute la surface du royaume, il existe à Berlin un institut central de l’industrie, où les meilleurs élèves des écoles bourgeoises peuvent obtenir une bourse et venir perfectionner leurs études. Cet établissement embrasse quatre sections d’états : 1° les constructeurs de bâtimens (maçons, charpentiers, menuisiers) ; 2° les ciseleurs, graveurs, lapidaires, sculpteurs en bois et en ivoire, fondeurs en bronze ; 3° les teinturiers et les fabricans de produits chimiques ; 4° les mécaniciens. Une telle division révèle évidemment des intentions tout-à-fait pratiques. Cependant on a accusé l’institut de Berlin de viser à l’art et de s’écarter ainsi de son but ; au lieu d’ouvriers habiles, on y formerait plutôt des artistes, dont l’industrie n’a pas autant besoin.

Dans les autres parties de l’Allemagne, l’instruction industrielle, sans être organisée comme en Prusse, compte pourtant des institutions nombreuses qui rendent des services incontestables dans les localités où elles existent. Déjà, durant la seconde partie du dernier siècle ; la Bohême avait vu naître et prospérer plusieurs de ces écoles, où le travail matériel était associé à la culture de l’esprit. Quelques hommes de bien avaient voué leur existence à la propagation de cet enseignement mixte. Une classe d’industrie fondée à Prague servit de modèle aux établissemens du même genre. Le Hanovre et la Hesse suivirent bientôt cet exemple. Dans le premier de ces deux pays, Goettingue créa d’abord une école dont l’administration encouragea l’essor, et qu’elle prit ensuite pour type de fondations ultérieures. Dans la Hesse, la société des arts de Cassel plaça sous son patronage l’institution, à peine introduite dans cette dernière ville. La Bavière, la Saxe, la ville de Hambourg, établirent aussi des classes industrielles appropriées à divers âges de la vie. Ces écoles se sont particulièrement multipliées dans le Wurtemberg et dans le duché de Bade, où elles exercent une influence salutaire. Le gouvernement de Stuttgart en a même rendu