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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/580

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Et qui la regardait avec des yeux en pleurs,
Et ne pouvait parler, et lui jetait des fleurs !
Primel libre, bientôt le chef de ce domaine,
Brillant comme le saint doré de la fontaine.


CHANSONS DE PRIMEL
la servante de la quenouille.


Primel a découvert le secret de son ame.
En dormant, il chantait hier cette chanson :
La harpe, au moindre vent qui passe, jette un son,
L’églantier son parfum, le cœur aimant sa flamme.

« La veuve de Corré, ce bijou de beauté,
Porte un autre bijou qui brille à son côté :
Chaîne de fin laiton, bague jaune et sans rouille,
La servante de la quenouille.

C’est le nom de l’agrafe aussi pure que l’or
Qui reluit au corset des fileuses d’Arvor ;
Mais, chaîne de laiton, bague luisante et neuve,
J’aimerais mieux encor la veuve.

— « Je veux voir, belle enfant, je veux toucher l’anneau
Où pend votre quenouille avec ce long fuseau. »
Et, vers elle incliné, je bois l’air de sa bouche !
Femme et bijou, ma main les touche ! »

Ah ! qu’un cœur bien épris est prompt à s’épancher !
Le sommeil parle : amans, dormez vos portes closes !…
Mais qu’importe ? un jour vient qu’il faut cueillir les roses ;
Primel, vers l’églantier, n’a plus qu’à se pencher.


VI
Comment Nola fut ramenée par Primel sur le chemin du bourg.


Oh ! la joie est dans l’air : des cloches ! des hautbois !
À ces chants de bonheur, heureux, j’unis ma voix…
Doux Esprits qui veillez près de nos métairies,
Les sources de beauté que l’on disait taries,
Vous les faites jaillir limpides sous mes pas ;