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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/568

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Mes vers se sont émus : Douce histoire ! je l’aime
Comme une belle chose arrivée à moi-même,
Et, comme d’un bourgeon près de s’épanouir,
De vos amours j’attends la fleur qui doit sortir.


CHANSONS DE PRIMEL.


LE PRINTEMPS.


On voit des noms écrits autour des arbres verts ;
Plus d’une chanson tendre est déjà composée ;
Les cœurs des amoureux laissent couler des vers,
Et l’aube épanche sa rosée.

UN PASSANT.


Ah ! voici le renouveau !
Que chante-t-on, pastoureau,
Sur la lande ?
Que chante l’oiseau petit
Tout en bâtissant son nid
Dans les touffes de lavande ?

LE PÂTRE.


L’oiseau, voletant toujours,
Chante et chante ses amours ;
Nous, de même :
Tout pâtre, ainsi que l’oiseau,
Chante en suivant son troupeau,
Et chante encor ce qu’il aime.

LE PASSANT.


C’est bien, oiseaux, jeunes yens !
Mêlez, — durant le beau temps,
Vos voix douces :
Chantez, aimez à la fois
Sur la lande et dans les bois,
Les bois tapissés de mousses.

Cette chanson, écrite autour des arbres verts,
Un simple journalier l’a, dit-on, composée :
Les cœurs des amoureux laissent couler des vers,
Et l’aube épanche sa rosée.