Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/53

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


LE CHÂTEAU


DES DÉSERTES.


———


DERNIÈRE PARTIE.[1]


———

XII. — l’héritière.


Je trouvai en effet mes hôtes fort effrayés de ma disparition. Le bon Volabù m’avait cherché dans la campagne et se disposait à y retourner. Je sentis que ces pauvres gens étaient déjà de vrais amis pour moi. Je leur dis que le hasard m’avait fait rencontrer un des habitans du château en qui j’avais retrouvé une ancienne connaissance. La mère Peirecote, apprenant que j’avais fait la veillée au château, m’accabla de questions, et me parut fort désappointée quand je lui répondis que je n’avais vu là rien d’extraordinaire.

Le lendemain, à neuf heures, je me rendis au château en prévenant mes hôtes que j’y passerais peut-être quelques jours et qu’ils n’eussent pas à s’inquiéter de moi. Celio venait à ma rencontre. — Tu as dormi ! me dit-il en me regardant, comme on dit, dans le blanc des yeux.

— Je l’avoue, répondis-je, et c’est la première fois depuis longtemps. J’ai éprouvé un merveilleux bien-être, comme si j’étais arrivé

  1. Voyez les livraisons du 15 février et des 1er et 15 mars.