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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/465

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LA


REPUBLIQUE DOMINICAINE


ET


L'EMPEREUR SOULOUQUE.




DEUXIEME PARTIE.[1]




III. - LES SEYBANOS. - LA NAISSANCE D'UNE NATION.

Le Seybo, vaste canton au sud-est de la partie espagnole de Saintdomingue, est habité par une peuplade de pasteurs descendans des premiers colons, et qui, à l’imitation de ceux-ci, gardent leurs troupeaux à cheval et la lance en arrêt, comme s’ils avaient encore à les défendre contre ces loups humains appelés boucaniers. Dans l’isolement de cette existence demi-sauvage, demi-guerrière, les Seybanos sont restés des Espgnols du XVIe siècle. Religieux jusqu’au fanatisme, galans jusqu’à la chevalerie ; braves jusqu’à la démence ; ils ont des oraisons pour tous les saints, des complimens rimés pour toutes les femmes et des coups de sabre pour tous les embarras de la vie, soit lianes barrant leur chemin, soit ennemis traversant leurs intérêts, soit fâcheux dérangeant leurs amours. Ce sabre, appelé machete et assez semblable à nos anciens sabres de cavalerie légère, ne quitte jamais l’habitant du

  1. Voir la livraison du 15 avril.