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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/367

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CONCLUSION.

En résumé, l’exercice 1852 va s’ouvrir avec un découvert de 640 millions. La différence entre les dépenses de l’état et le revenu public ne paraît pas devoir s’élever à moins de 100 millions dans le cours de cet exercice. Il faut donc compter sur un découvert total de 740 millions au 31 décembre 1852.

Nous avons indiqué déjà les moyens à l’aide desquels on pouvait soulager la dette flottante d’une partie de cet énorme poids. Ces moyens consistent à réaliser, par une cession faite à la caisse des dépôts jusqu’à concurrence de 57 millions ; la valeur des obligations souscrites par les compagnies du Nord et de Rouen ; à concéder à une compagnie financière, en stipulant un remboursement d’au moins 100 millions, le chemin de fer de Lyon, qui va être terminé jusqu’à Châlons-sur-Saône ; enfin à donner au trésor l’autorisation d’émettre des rentes, jusqu’à concurrence d’un capital de 40 à 50 millions ; pour la consolidation des livrets qui excéderaient le maximum de 1,250 francs. On réduirait ainsi de 200 millions la somme des découverts, et, comme l’anticipation des recettes sur les dépenses fournit en moyenne une ressource de 70 millions, la dette flottante se trouverait ramenée à 470 millions : ce serait là une situation, je ne dirai pas complètement satisfaisante, mais qui éloignerait du moins toute idée de péril et même toute crainte d’embarras.

Je sens bien que je me borne à proposer des expédiens, et que ce système de palliatifs ne rétablit pas l’équilibre dans les finances publiques ; mais les solutions provisoires sont les seules possibles aujourd’hui. Nous vivons au jour le jour en toutes choses ; nous faisons des lois pour une année ; nous plantons à la hâte sur quelques piquets latente du parlement, comme des nomades politiques destinés à des migrations perpétuelles. Depuis le commencement du siècle, à l’exemple de l’ancienne Égypte, nous comptons les semaines d’années par dynastie. Chaque gouvernement s’abrite sous les ruines de celui qui l’a précédé, menacé de fournir le même genre d’abri à ceux qui vont le suivre. Comment fonder de véritables finances dans un pays où la scène, les personnages et le sol, tout se dérobe devant vous ?

Le temps est aux moyens extraordinaires ; mais, comme on ne peut pas employer ces ressources d’une manière permanente et à l’état de système, le moment viendra : certainement de fortifier les ressources ordinaires et d’accroître le revenu. Les impôts indirects sont une espèce d’échelle mobile de la fortune publique ; leur produit s’élève avec la prospérité et s’abaisse dans l’adversité. Le trésor fait une récolte abondante lorsque la nation consomme beaucoup ; par ce côté, les