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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/340

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expose les résultats financiers d’une politique sur la pente de laquelle il cherche tardivement à faire halte.

« En 1842, on supprima ou l’on réduisit des taxes dont le produit était évalué à 1,596,000 liv. sterl. ; en 1843, pour 317,000 liv. sterl. ; en 1844, pour 458,000 liv. sterl. ; en 1845, pour 4,535,000 liv. sterl. (113,375,000 fr.) ; en 1846, pour 1,151,000 liv. sterl. ; en 1847, pour 344,000 liv. sterl. ; en 1848, pour 585,000 liv. sterl. ; en 1840, pour 388,000, et en 1850, pour 1,280,000 liv. sterl., donnant un total de 10,763,000 liv. sterl. Depuis 1841.

« Les taxes que l’on établit furent l’income-tax et d’autres impôts abolis depuis ; mais, comme je les ai portés au comte des taxes supprimées, je dois en tenir compte aussi dans l’énumération des nouveaux impôts. Le produit de ces taxes étant de 5,655,000 liv. sterl., et celui des impôts abolis étant de 10,763,000 liv. sterl., il s’ensuit que le pays y a gagné un allègement de 5,108,000 liv. sterl., et qu’en regard de cette réduction de 5 millions sterling sur l’ensemble des taxes, le revenu public s’était accru de 4,726,000 liv. sterl. »

Ces faits ne semblent pas aussi décisifs que les paroles du chancelier de l’échiquier l’indiquent. Voilà bientôt dix ans que la réforme commerciale a commencé en Angleterre, et, si l’on retranche du budget le produit de l’income-tax, on trouvera que le revenu de 1850 reste d’à peu près 20 millions de francs (773,479 liv. sterl.) inférieur au revenu de 1842. En prenant un à un les résultats des impôts, on voit que l’excise, qui rendait 13,678,835 livres sterling en 1842, a donné 14,316,083 livres sterling en 1850, ou 637,248 livres sterling de plus qu’en 1842, malgré la suppression de certaines taxes, jusqu’à concurrence de 1,410,280 liv. sterl. Les douanes ont été moins favorisées ; car leur produit en 1850 présente un déficit de 1,456,670 liv. sterl., comparativement à celui de 1842. Les droits établis à l’importation des sucres portaient, en 1844, sur 209 millions de kilogrammes et rendaient 130 millions de francs. Après le changement du tarif, la consommation a fait des progrès rapides, au point de représenter aujourd’hui un accroissement de 80 millions de kilogrammes ; mais le revenu que le trésor retirait de cet article n’a pas repris encore son niveau : la recette, après s’être élevée en 1848 à 112 millions de francs, est retombée à 103 millions en 1840. en cinq années, l’Angleterre a perdu, sur cette seule branche de ses ressources, la somme énorme de 139 millions de francs.

De l’examen auquel je viens de me livrer, on peut conclure, ce me semble, que, s’il est raisonnable d’admettre qu’une réduction d’impôts portant sur les droits qui frappent les articles de grande consommation ne laissera pas dans les caisses publiques un vide égal au produit antérieur de ces taxes, on ne peut pas en attendre, même avec l’aide du temps, un accroissement de consommation qui comble entièrement