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Page:Revue des Deux Mondes - 1848 - tome 22.djvu/680

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LE


PILOTE VENTURA.




SCENES DE LA VIE MEXICAINE.




I

L’emplacement qu’occupe aujourd’hui Vera-Cruz n’est pas celui que Cortez choisit en débarquant sur la terre mexicaine. Ce ne fut qu’à la fin du XVIe siècle que le vice-roi comte de Monterey jeta les fondemens de la ville actuelle. Destinée à devenir la clé de la Nouvelle-Espagne, Vera-Cruz fut bâtie par les conquérans avec toute la splendeur qu’ils prodiguaient à leurs constructions. Ses vastes maisons, aussi largement espacées que soigneusement alignées, formèrent des rues à angles droits à travers lesquelles la brise de mer put circuler librement, et tempérer par sa fraîcheur les ardeurs d’un ciel embrasé. Fidèles toutefois à cette antipathie pour le voisinage des arbres qui semble le trait distinctif de leurs principes d’hygiène publique, les Espagnols choisirent, pour y élever la première ville maritime du Mexique, une plaine vaste et sablonneuse dont aucune verdure, aucune eau vive n’égayait l’aridité. Avant même les premiers ravages de la fièvre jaune, une situation si défavorable donna à Vera-Cruz un aspect lugubre qu’elle a conservé de nos jours. La ville, à peine construite, n’en atteignit