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Page:Revue des Deux Mondes - 1848 - tome 22.djvu/629

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augmentation sur le sel ; on pense que le moyen le plus expédient est de prendre tous et chacuns des bénéfices de son royaume excédans un revenu annuel la somme de 300 livres et au-dessus jusqu’à la somme de 4,000 livres tournois par an, le tiers des revenus desdits bénéfices, soit archevêchés, évêchés, abbayes et prieurés excédant ladite somme de 4,000 livres par an, ensemble de tous prieurés, commanderies, hôpitaux, maladreries et commanderies de Saint-Jean de Jérusalem, et généralement de tous autres bénéfices où les titulaires d’iceux ne font résidence, les religieux et malades vêtus et nourris, la moitié du surplus de leur revenu ; ensemble la moitié des revenus des quatre prévotés étant en l’église Notre-Dame de Chartres, n’y faisant aucune résidence, leur faisant toutefois déduction des décimes au prorata des deniers qui seront ainsi pris ; et tout le revenu des bénéfices en dépost et de ceux où l’on ne chante et célèbre aucun service divin, pour satisfaire aux affaires du roi qui prendra sur lesdits bénéfices cette autre plus grande portion qu’il lui plaira aviser, comme aussi d’imposer sur les draps de soie, vendus dans le royaume, une somme de deniers, suppliant le roi de ne mettre aucun impôt ni subside sur le sel, le vin et autres denrées, attendu la pauvreté du peuple. Ainsi il faut procéder à l’élection d’un de l’église, d’un de la noblesse et l’autre du tiers pour se trouver le 20 de ce mois en la ville d’Orléans pour, en la présence de monseigneur le gouverneur, rapporter les avis et opinions d’un chacun, afin de satisfaire aux intentions du roi. (Le registre du compilateur porte en marge : avis sans succès). »

Impôts sur les objets de luxe, bénéfices ou sinécures confisqués au profit du trésor, que demanderait-on de plus ? Quand le prieur de Saint-Étienne et celui de Josaphat ne disaient pas leurs messes, Chartres savait bien les y forcer. Cependant c’était une ville religieuse ; la procession générale se faisait chaque année avec une solennité joyeuse et sainte. Un hôpital très vaste était destiné à recevoir, héberger et soigner les pauvres passant par la ville. L’évêque présidait une assemblée dans laquelle on décidait comment on secourrait les mendians invalides et comment les mendians valides seraient employés avec rétribution à la réparation des routes et chaussées avoisinantes. En 1555 particulièrement eut lieu une grande assemblée à ce sujet, curieuse sous deux rapports : on y décide qu’il sera défendu à qui que ce soit de mendier, et on donne du travail aux gens inoccupés ; ensuite se trouve la liste de ceux qui assistèrent à cette délibération. D’abord ce sont les chanoines de Notre-Dame de Chartres et monseigneur l’évêque, puis le chapitre général, les doyens et sous-doyens, puis les représentans de la chapelle Saint-Piat, du couvent de Saint-Père, de Saint-Jean-en-Vallée, de Josaphat, de Saint-Cheron, de Saint-Martin-en-Val, du Grand-Beaulieu, de Saint-Lubin, de Saint-Aignan, de Saint-Saturnin, de Saint-Martin-le-Nonandier, de Saint-André, de Saint-Michel, de Saint-Barthélemy, de Saint-Brice ; — quant à ceux de Saint-Maurice, de Saint-Hilaire, de Sainte-Foix, ils sont remarqués par leur absence.