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Page:Revue des Deux Mondes - 1848 - tome 22.djvu/622

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ni autres choses (jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonné) pour le profit de l’Hôtel-Dieu, auquel sera baillé une autre planche ou lavoir au lieu le plus commode pour éviter aux inconvéniens, et ce qui lui sera signifié. »

On lit dans le journal manuscrit de Jean Bouvart, sergent royal au bailliage de Chartres :

« L’an 1521, moy Jean Bouvart le jeune, fils de défunt Jean Bouvart, également sergent royal, mort le 29 juin 1521, fus le lundi 21 [1] juillet fiancé à Guillemine, fille de Benjamin Étienne (la famille Étienne existe encore aujourd’hui), en présence de mes oncles Philippot et André les Bouvart. Et le lundi, 16e jour de septembre ensuivant, épousé à ladite Guillemine en face de sainte Église, au lieu et village de Dammarie en Beauce, par M. Martin Huillery, chapelain dudit lieu, parce que, ce dit-on, la peste avoit cours en la ville de Chartres, durant le cours de laquelle maladie de peste mourut en ladite ville de Chartres de dix à douze mille personnes. Dieu en veuille avoir les ames ! »

Le résultat de ce cruel enseignement donné par la peste fut l’assainissement de la ville ; on élargit un peu les rues ; on cura les égouts ; on détruisit les cloaques. Cependant on n’avait pas encore fini avec la peste, qu’il fallut se défendre contre le roi. Depuis plusieurs siècles, les manans prêtaient sans qu’on leur rendît, et quand ils redemandaient ce qui était à eux, les gens de cour, sous prétexte de se porter intermédiaires, pillaient sans pudeur nos pauvres Chartrains. Dès 1504, ils avaient repoussé ces usurpations, entre autres celle du légat du pape, qui leur faisait écrire par M. de Marnac que « pour une douzaine de poinçons de vin il arrangerait leur affaire. Les échevins se doutèrent qu’ils étaient dupes ; Chartrains n’aiment pas à l’être. »

(1504, 19 novembre.) « Assemblée en laquelle a été donné lecture d’une lettre missive envoyée par M. de Marnac à MM. les douze échevins et autres dont la teneur suit : « Messieurs, j’ai parlé de votre affaire, d’où il faut partir (qu’il faut terminer, dont il faut se tirer définitivement), et y ai quelque espérance ; mais je suis d’advis que une douzaine de poinçons de vin clairet du meilleur que pourrés envoyer en la maison de M. le légat, à Gaillon, qui cousteroit moins que néant, vous pourront beaucoup servir ; pourquoy vous en ai bien voulu advertir, priant notre Seigneur, messieurs, vous donner ce que désirés. A Paris, le 15 novembre. » Et au-dessous : « Votre serviteur, frère et ami Jehan Marnac. A la subscription : « A MM. les douze, etc. » Après laquelle lecture a été ordonné et appointé, avant de faire aucune ordonnance ou appointement, de ne quérir, acheter ne envoyer ledit vin d’aucune manière. » - « Ordonné ensuite que Pierre Ledoys iroit en diligence à Paris, où est le roy, pour parler à MM. Hurault et de Dampierre et autres grands de la cour, touchant les 3,000 livres tournois prêtées par la ville au roy. »

En vain, pour faire face aux demandes des monarques, on s’était

  1. Ce journal de Bouvart appartient à M. Marchand, un de ses descendans.