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Page:Revue des Deux Mondes - 1848 - tome 22.djvu/587

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des recettes publiques, le renchérissement artificiel des prix à l’intérieur, et de plus, notamment en ce qui concerne les ardoises, la détérioration progressive des produits, nous demanderons qu’on établisse provisoirement sur ces articles des droits qui n’excéderaient pas 15 et 20 pour 100 de la valeur, sauf à les dégrever encore dans un terme assez prochain. A ces conditions, la recette de la douane s’accroîtrait. Toutefois, comme il serait difficile d’en apprécier l’importance, et comme le chiffre n’en serait pas, en fin de compte, très élevé, nous n’en tiendrons pas compte dans nos calculs.

Métaux. — Par rapport à ce grand chapitre des métaux, qui comprend un peu plus de cinquante articles de recette, il n’est guère possible d’opérer d’une manière aussi radicale que nous l’avons fait pour le précédent, et nous en avons dit les raisons, au moins en ce qui concerne les fontes et les fers. On pourrait toutefois en retrancher immédiatement plusieurs articles, qui ne donnent que des produits insignifians ou nuls, et dont aucun intérêt présent ne peut raisonnablement solliciter le maintien, par exemple, l’or et l’argent en minerai, en feuilles ou en lingots ; les cendres et regrets d’orfèvre ; les minerais de fer, de cuivre, de plomb et de tous les autres métaux. Si faibles que soient les droits sur ces divers minerais, ils sont toujours des entraves, et à quoi bon maintenir des taxes gênantes qui ne produisent rien ? On supprimerait pareillement, et par les mêmes raisons, les droits sur les limailles et les mâchefers. Si l’on étendait encore cette mesure au mercure ou vif-argent, au manganèse et à quelques autres produits secondaires dans lesquels les intérêts existans sont moins engagés, on aurait déjà obtenu, sans perte sensible pour le trésor, une très grande et très utile simplification de cette partie du tarif.

Il est difficile de comprendre pourquoi on a fait figurer dans ce chapitre des métaux certains produits ouvrés, qui figureraient beaucoup mieux, selon nous, au chapitre des fabrications diverses, comme, par exemple, les articles de tréfilerie, les cordes métalliques pour instrumens, etc. Passons toutefois sur cette considération, et prenons le chapitre tel qu’il se trouve après les radiations que nous venons d’y faire.

Le produit total en a été, pour 1844, de 6,612,501 fr., et, pour 1845, de 6,980,807 fr. L’article fer, sous ses divers aspects, fonte, fer et, acier, figure seul dans ce total, en 1845, pour 5,366,556 fr. Il est donc de beaucoup le plus considérable quant au revenu fiscal, comme il l’est d’ailleurs par son importance commerciale et industrielle. Après le fer vient le plomb, qui a produit, en 1845, 1,103,611 francs. Le cuivre, qui vient en troisième lieu, a produit, dans la même année, 308,093 francs. Si l’on additionne les recettes obtenues sur ces trois articles principaux, on trouvera qu’elles constituent la presque totalité du revenu prélevé sur ce chapitre. A ce point de vue, il y aurait donc fort peu d’inconvénient à faire disparaître du tarif tous les autres métaux tels