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Page:Revue des Deux Mondes - 1847 - tome 17.djvu/77

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LITTERATURE CATHOLIQUE


ET FEODALE.




Histoire des peuples Bretons dans la Gaule et dans les Iles Britanniques, par M. Aurélien de Courson [1]




L’un des beaux spectacles de la révolution, celui qui m’inspire le plus pur sentiment de la grandeur humaine, la plus ferme confiance dans la vertu des idées, c’est la nuit du 4 août. Je m’incline devant les héros de cette nuit mémorable, je les révère. Ils s’oubliaient eux-mêmes avec une magnanimité si parfaite, ils avaient si bonne grace dans leur enthousiasme, on eût dit qu’ils portaient sur leur front tout cet éclat à la fois glorieux et charmant du siècle dont ils étaient la fleur. Nous avons pu connaître encore les derniers représentans de cette génération ; ils avaient subi toutes les fortunes, traversé tous les régimes : ils étaient restés les hommes de leur jeunesse, des hommes naturellement supérieurs et spirituels, sans faste et sans phrase ; — ils ne visaient point au sublime, ils ne prenaient au sérieux que les choses sérieuses, mais le cœur leur battait toujours au seul bruit d’une liberté conquise ou d’un préjugé vaincu. Un peu sceptiques à l’endroit des personnes (ils avaient tant vu d’infidèles), ils ne l’étaient point à l’endroit des principes, parce qu’ils n’avaient jamais perdu l’honnêteté de leur conscience.

  1. 2 vol in-8°, chez Furne, rue Saint-André-des-Arts.