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Page:Revue des Deux Mondes - 1847 - tome 17.djvu/696

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On s’est appliqué soigneusement à rechercher quelque remède sûr contre de pareils malheurs. Les grands états se sont mis en quête chacun d’une organisation des banques qui pût les prévenir. Les États-Unis avaient leur solution, qui n’était que médiocre, celle d’une banque centrale créée par les pouvoirs fédéraux, au milieu de plusieurs centaines de banques instituées par les états, en vertu de leur souveraineté locale. Deux fois cependant ils ont brisé, non sans avoir à s’en repentir, cette banque supérieure qui contrôlait passablement les autres ; actuellement ils restent avec près d’un millier de banques indépendantes les unes des autres, sans cesse à deux doigts de l’anarchie financière. La Grande-Bretagne, depuis 1844, a reçu de sir Robert Peel les germes d’une organisation forte qui, un jour, ne laissera plus circuler que les billets de la banque d’Angleterre. Dans le sein même de celle-ci, l’attribution de l’émission des billets a été complètement séparée de celle des avances au commerce, et confiée à une administration à laquelle la loi a tracé des instructions rigoureuses. En France, la circulation des billets est si restreinte encore, qu’elle n’a pu appeler de la part de l’autorité un ensemble de mesures spéciales, l’adoption d’un régime bien arrêté.

La valeur minimum admise pour les billets de banque est un des plus intéressans sujets qu’on puisse traiter à l’occasion des institutions de crédit commercial. Elle détermine le montant de la somme en billets que la circulation comporte, et par conséquent elle règle l’étendue des affaires que la banque peut embrasser, le point jusqu’où elle peut abaisser le taux de l’intérêt. Un billet de banque remplace commodément pour le public un sac de même valeur en écus, et circule, comme ferait le sac, de main en main jusqu’à ce qu’il arrive à une personne qui ait besoin de diviser la somme. Alors il va s’échanger contre des espèces dans les bureaux de la Banque ou chez le changeur, qui s’en est fait le substitut. On voit par là que, lorsque les billets ont une grosse