Page:Revue des Deux Mondes - 1847 - tome 17.djvu/126

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


SOUVENIRS


D'UN NATURALISTE.




LES CÔTES DE SICILE.


IV.

MILAZZO. - STROMBOLI.



Notre projet, en arrivant en Sicile, était de faire le tour de l’île ; mais les renseignemens recueillis sur la route modifiaient peu à peu ce premier plan. Nos hommes commençaient à comprendre le but de notre voyage ; ils apprenaient chaque jour à mieux apprécier les conditions nécessaires au succès de nos recherches. Artese et Carmel surtout, qui, grace à leur parfaite connaissance des côtes, auraient pu servir de pilotes caboteurs, nous exprimèrent des doutes sur l’utilité d’une exploration étendue au rivage occidental, où nous ne devions trouver, disaient-ils, que des marais pestilentiels, des galets ou du sable. L’examen de nos cartes, nos connaissances sur la constitution géognostique du pays, confirmaient pleinement leurs dires. En effet, la Sicile porte partout l’empreinte des forces violentes qui, en bouleversant l’écorce solide du globe, l’élevèrent au-dessus des flots. Au milieu des mille accidens de terrain, résultat inévitable de ce mode de formation, on reconnaît néanmoins que l’impulsion n’a pas été partout,