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Page:Revue des Deux Mondes - 1844 - tome 6.djvu/744

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marine à voile ou marine à vapeur, ce n’est pas seulement au moment où le besoin se fait sentir qu’il faut la vouloir ; il faut la vouloir long-temps, il faut la vouloir toujours, parce qu’en marine rien ne s’improvise, pas plus les bâtimens que les hommes.

Cette vérité est devenue banale à force d’être répétée, et cependant pourquoi se lasser de la redire, puisqu’on ne se lasse pas de la méconnaître ? En 1840, on a voulu tout d’un coup une marine à vapeur ; on a voté des millions. Que ne pouvait-on aussi facilement voter des bâtimens éprouvés ! Pour répondre à cette impatience, qui ne se serait pas accommodée, à coup sûr, des sages lenteurs de la prudence, qui les aurait peut-être accusées, il a fallu se hâter, mettre en chantier des navires de 450, de 540 chevaux, couvrir les «aies de nos arsenaux de constructions nouvelles et inconnues.

Dieu veuille que cette impatience, à laquelle il fallait obéir coûte que coûte, que cette précipitation, commandée alors parles circonstances, comme elle le sera toujours, toutes les fois qu’on se laissera surprendre, ne soit pas chèrement payée, et que nous n’ayons pas, comme autrefois l’Angleterre, nos quarante voleurs !




ANNEXE B.

S’il est vrai que, pour le commerce, la navigation à la voile est plus économique que la navigation à la vapeur, il n’en est pas de même pour la marine militaire.

Dans une marine militaire, les services des bâtimens à vapeur, comparés à ceux des bâtimens à voiles, sont beaucoup moins coûteux qu’on ne le croit généralement.

On va appuyer cette assertion sur l’autorité des chiffres.

La dépense d’entretien du bâtiment à vapeur à l’état d’armement se compose : de la solde, des vivres, du combustible.

On admet que le bateau à vapeur, en service actif, chauffe un jour sur cinq. Cette estimation est au-dessus de la moyenne déduite des relevés du service de la correspondance d’Afrique, le plus actif de tous les services. Il résulte en effet de ces relevés que la moyenne des jours de chauffe varie de 1 sur 5 à 1 sur 6.

Soit donc 1 jour sur 5, ou 73 jours par an le nombre des jours de chauffe.

On admet encore que la consommation moyenne du combustible est de 4 kilog. par cheval et par heure. Cette estimation est certainement suffisante, puisque, dans les circonstances de vent favorable ou de calme, l’emploi de la détente peut donner lieu à une économie notable.

Au reste, on a encore invoqué ici les documens que l’on vient de citer ; ce n’est point une donnée théorique, mais un résultat purement pratique fourni par une statistique officielle.

Quant aux prix du combustible, il est d’après le prix d’adjudication :