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Page:Revue des Deux Mondes - 1844 - tome 6.djvu/733

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qui blesserait notre honneur et nos intérêts, et une déclaration de guerre ne risquerait jamais de nous trouver sans défense. Enfin, nous aurions les moyens d’agir immédiatement, sans livrer à un seul hasard toutes nos ressources.

Et, j’insiste sur ce dernier point, tous ces résultats, nous les obtiendrions sans une sérieuse augmentation de dépense [1].

Que si, pour démentir mes assertions, on les appelait du nom d’utopies, nom merveilleusement propre à faire reculer les esprits timides, et à les enfoncer dans l’ornière de la routine, j’inviterais ceux qui me répondraient de la sorte à considérer attentivement tout ce qui s’est fait depuis quelques années et ce qui se fait encore aujourd’hui en Angleterre, et à dire ensuite si, de bonne foi, on ne peut aussi bien le réaliser en France.

Il m’en a coûté, dans tout le cours de ce petit écrit, de faire subir à mon pays un affligeant parallèle avec un pays qui le devance de si loin dans la science de ses intérêts ; il m’en a coûté de mettre à nu le secret de notre faiblesse en regard du tableau de la puissance britannique. Mais je m’estimerais heureux si je pouvais, par le sincère aveu de ces tristes vérités, dissiper l’illusion où sont tant de bons esprits sur l’état réel des forces navales de la France, et les décider à demander avec moi les salutaires réformes qui peuvent donner à notre marine une nouvelle ère de puissance et de gloire.


APPENDICE.
ANNEXE A.

L’état général de la flotte, au 1er janvier 1844, porte :

43 navires à vapeur à flot ;
18 en construction ;
18 paquebots transatlantiques, dont plusieurs sont achevés, et les autres fort avancés ;

Enfin l’administration des postes compte pour le service de la correspondance du Levant, d’Alexandrie, de Corse et d’Angleterre :

24 paquebots de 220 à 50 chevaux ;
Total : 103
  1. Voir annexe C.