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Page:Revue des Deux Mondes - 1844 - tome 6.djvu/170

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Tu les as vus, les vieux manoirs
De cette ville aux palais noirs
Qui fut Florence,
Plus ennuyeuse que Milan
Où du moins, quatre ou cinq fois l’an,
Cérito danse.

Tu l’as vue, assise dans l’eau,
Portant gaiement son mezzaro,
La belle Gènes,
Le visage peint, l’œil brillant,
Qui babille et joue en riant
Avec ses chaînes.

Tu l’as vu, cet antique port
Où, dans son grand langage mort,
Le flot murmure ;
Où Stendhal, cet esprit charmant,
Remplissait si dévotement
Sa sinécure.

Tu l’as vu, ce fantôme altier
Qui jadis eut le monde entier
Sous son empire.
César dans sa pourpre est tombé ;
Dans un petit manteau d’abbé
Sa veuve expire.

Tu t’es bercé sur ce flot pur
Où Naple enchâsse dans l’azur
Sa mosaïque ;
Oreiller des lazzaroni,
Où sont nés le macaroni
Et la musique.