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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/879

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refuser un local à un juge de paix, si ce juge de paix est réellement nécessaire, on doit ajourner bien des dorures et autres colifichets de mauvais goût. Quant à l’influence que le gouvernement retire des nominations, l’argument prouve trop. Il faut donc supprimer les juges, afin que le gouvernement ne les nomme pas ? Encore une fois, la question n’est pas là. La question est de savoir si de nouvelles justices de paix sont ou non nécessaires.


- Un drame en vers de M. Victor Hugo vient d’être reçu au Théâtre-Français. Il s’attache toujours un vif intérêt aux tentatives du poète qui a créé les Orientales et Notre-Dame de Paris. Avant la fin de l’hiver, le public aura pu juger ce drame, où les brillantes facultés de l’auteur se déploient, dit-on, avec une fougue et une puissance inaccoutumées. En attendant, le Théâtre-Français a joué avec succès une comédie en cinq actes de M. Scribe,le Fils de Cromwell. Il y avait une donnée piquante dans le caractère de Richard Cromwell, dans le contraste si étrange de ce faible et timide jeune homme avec la rude figure du protecteur. M. Scribe a su tirer parti des élémens que lui fournissait l’histoire, et le public a écouté le Fils de Cromwell avec tout l’intérêt que méritait l’œuvre nouvelle du spirituel écrivain. La saison d’hiver ne saurait manquer, on le voit, d’être brillante à la Comédie-Française, pour peu qu’elle persiste dans une activité si digne d’encouragemens.




- M. Léon Faucher vient de réunir en un volume, sous ce titre : Union du Midi, les divers travaux qu’il a publiés dès 1837 et tout récemment dans la Revue, sur les alliances commerciales de la France. Le tout forme un volume de près de 400 pages, en y comprenant un appendice fort curieux, où sont mises en regard les doléances contradictoires des industriels belges et français, qui se croient réciproquement menacés par le projet d’union. Cette publication achevera de fixer l’opinion, en France et en Belgique, sur l’opportunité du traité. M. Léon Faucher, qui a eu l’initiative, en 1837, des idées de fusion douanière entre la France et les états limitrophes, se trouve naturellement aujourd’hui au premier rang de ceux qui combattent pour la réalisation de ces idées. Depuis son premier article sur l’Union du Midi, la question a fait bien du chemin ; elle est passée du domaine de la théorie économique dans celui de la discussion quotidienne ; elle ira plus loin encore, il n’en faut pas douter, et une grande part en reviendra à ceux qui auront soutenu avec talent et persévérance, comme M. Léon Faucher, les véritables intérêts du pays.


- C’est le glorieux privilège de quelques écrivains de notre temps, poètes historiens ou penseurs, de rallier autour de leurs œuvres, dans une même foi pour leur gloire, un public souvent indifférent et divisé par tant d’hérésies politiques ou littéraires. M. Thierry est du petit nombre de ces écrivains ; il s’est placé, par la supériorité de son œuvre, au-dessus des questions d’école et de parti. L’Histoire de la Conquête est populaire en Angleterre comme en