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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/878

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l’avaient voulu ses fondateurs ; ou l’union commerciale est sans influence politique et ne change rien à la situation des états, à leurs rapports, à l’équilibre européen, et dans ce cas l’union franco-belge serait pour le moins aussi innocente, aussi inoffensive que l’union prussienne. Ajoutons qu’il serait étrange de vouloir interdire à un état neutre une convention commerciale. Neutralité voudrait donc dire impuissance, servitude. Mais nous n’aimons pas discuter un fait qui n’a peut-être rien de réel.

Le gouvernement a fait partir pour Barcelone plusieurs bateaux à vapeur et un vaisseau de ligne, le Jemmapes. On ne peut qu’applaudir à cette mesure. Indépendamment de toute autre considération, il importe que le pavillon français offre une protection efficace et à nos nationaux, qui sont fort nombreux en Catalogne, et même aux Espagnols, en particulier aux femmes, aux enfans, qui chercheraient sur nos navires un asile contre les horreurs de la guerre civile. Au surplus, notre consul et les commandans de nos vaisseaux s’acquittent de cette mission toute d’humanité et de bon voisinage avec un zèle et un courage qui ne laissent rien à désirer.

Les partis politiques ont été aux prises ces derniers jours à Paris, dans le 1er arrondissement, pour l’élection d’un député. Il s’agissait de la réélection de M. Jacqueminot, promu au commandement général de la garde nationale de la Seine. La constitution des bureaux a été complètement favorable au candidat conservateur ; aussi M. Jacqueminot a-t-il été réélu à une grande majorité. En cette circonstance, les conservateurs se sont encore montrés habiles et unis, bien que la nomination du général Jacqueminot au commandement supérieur de la garde nationale eût déplu à quelques-uns, qui auraient préféré un maréchal de France.

On commence à s’occuper des projets que le ministère prépare pour la prochaine session. M. le garde-des-sceaux paraît avoir eu la pensée d’augmenter le nombre des justices de paix dans Paris. Le projet n’a pas obtenu les suffrages de l’autorité municipale, et il est, dit-on, abandonné. Ne connaissant pas les élémens de la question, nous sommes hors d’état de la juger. Nous dirons seulement que les objections faites au projet ne nous paraissent nullement décisives ; la question est de savoir si douze tribunaux de paix suffisent ou non à la bonne administration de la justice dans Paris. S’ils sont suffisans, le projet doit être repoussé, quand même il n’exigerait aucun sacrifice pécuniaire de la part de la ville, quand même les nouvelles nominations n’augmenteraient en rien l’influence politique du gouvernement. Si, au contraire, il était démontré que les justiciables souffrent de l’état actuel des choses et qu’un plus grand nombre de juges de paix est nécessaire à la bonne administration de la justice, le projet devrait être accueilli, et dans ce cas il n’est pas sérieux d’objecter qu’il en coûterait quelque argent à la ville, et qu’en augmentant le nombre des juges à nommer, on ajoute à l’influence politique du ministère. Il serait facile de répondre que ce n’est pas aux dépens de la bonne administration de la justice que la ville doit songer à l’économie. Avant de se refuser le nécessaire, il faut se retrancher le superflu ; avant de