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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/814

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nances relatives à la surveillance des personnes, qui délivre des passeports aux voyageurs, des permis de séjour ou des livrets à ceux que la loi assujétit à cette mesure d’ordre, qui vise les passeports des étrangers, les cartes de sûreté exigées dans quelques situations spéciales, les permissions ou congés accordés à des militaires, qui visite les hôtels garnis et en suit le mouvement. Selon les circonstances, elle se montre tolérante ou rigoureuse dans son action, et s’attache avec un soin constant à n’imposer aux citoyens aucune gêne inutile.

A ces mesures générales, elle joint des précautions spéciales dans certains cas déterminés : un aliéné se livre à des actes de violence, il est enfermé ; un enfant a été abandonné sur la voie publique, il est placé dans un hospice ; un citoyen a disparu, des recherches sont faites pour le retrouver ; une mort subite et imprévue inquiète le public, les hommes de l’art en constatent la cause ; la flamme dévore une maison, les pompiers accourent étouffer l’incendie ; les professions dangereuses sont réglementées ; certaines armes prohibées, ceux qui les vendent soumis à des injonctions particulières ; les maisons d’aliénés, celles où les enfans sont placés en sevrage visitées, tenues à des formalités nombreuses ; des secours sont organisés, des instructions répandues pour rendre à la vie les noyés et les asphyxiés partout où l’existence d’un homme est en péril, la police apporte une lumière, une précaution, un secours.

Cette protection ne s’arrête point aux personnes. Si des loteries et des maisons de jeu clandestines se substituent aux établissemens officiels, que le gouvernement de juillet a eu la gloire de supprimer, des agens adroits les surprennent et les livrent aux tribunaux. Si des jeux de hasard sur la voie publique tendent leurs embûches à l’innocent pécule de l’ouvrier, la main du sergent de ville les disperse et saisit le cupide banquier ; les brocanteurs, les revendeurs, ces proxénètes du vol, obligés de rendre compte de tous les actes de leur commerce, vivent sous le poids d’une complicité toujours suspendue sur leur tête.

Mais les services de la police de sûreté éclatent spécialement dans sa lutte infatigable, habile, courageuse contre les classes perdues de la société, qui semblent en guerre déclarée avec ses institutions et ses mœurs.

Il est au fond de la population de toutes les grandes villes un ramassis de misérables qui vivent en dehors des lois, n’ayant pour règle que leur cupidité, pour moyens que le crime, pour dieu que leurs passions. Le vol est leur ressource, la plus infâme débauche leur vo-