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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/802

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port journalier, avertit le gouvernement de tout ce qui peut éclairer sa marche. Il applique aux intérêts plus spéciaux un ordre déterminé d’agens, et appuie, s’il le faut, ses ordres sur l’épée de la garde municipale, qui, de concert avec les sapeurs-pompiers, veille en même temps aux besoins matériels de la cité.

Les sergens de ville ont reçu un uniforme à l’époque même de leur création, sous l’administration éclairée et populaire de M. Debelleyme. Une ordonnance récente a assigné aux commissaires de police, pour les cérémonies publiques, un costume officiel ; la ceinture tricolore suffit à signaler leur caractère dans les circonstances ordinaires. Les officiers de paix portent aussi dans les cérémonies un habit brodé et une ceinture bleue ; la plupart des inspecteurs des services spéciaux ont également un uniforme : ainsi presque tous les employés extérieurs et actifs accomplissent ostensiblement leur ministère, et la population, loin d’en prendre ombrage, n’en témoigne que plus de confiance. Cependant, même parmi les agens ostensibles, plusieurs ne peuvent pas toujours dénoncer leur présence par des signes extérieurs qui paralyseraient la surveillance et annuleraient la répression. L’administration apprécie les circonstances et donne ses instructions. Elle a intérêt à faire connaître elle-même ses agens, toutes les fois que des obstacles puissans ne s’y opposent point ; l’exemple des sergens de ville est concluant ; les anciens agens de police dont ils ont pris la place tenaient le dernier rang dans l’opinion du peuple ; les plus grossières épithètes flétrissaient leur personne, les plus vives résistances entravaient leur action ; les sergens de ville sont à l’abri de ces difficultés. C’est que le mystère et la surprise offensent et excitent le soupçon. Au contraire, on rend justice à l’agent zélé qui s’offre aux regards de tous et accepte hardiment la responsabilité de ses œuvres.

Tous les agens de la préfecture dépendent exclusivement du préfet ; il peut révoquer ceux dont la nomination lui appartient et es suspendre tous ; il règle leurs traitemens et dispose d’eux en toute liberté. Ce pouvoir absolu, tempéré seulement par nos mœurs équitables et modérées, fortifie l’autorité du chef sur ses subordonnés.


Quelques réflexions nous sont suggérées par l’examen de l’organisation qui vient d’être retracée.

Les commissaires de police ne sont pas assez exclusivement sous la direction du préfet. Auxiliaires du procureur du roi, et, à ce titre,