Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/798

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


séances aux deux préfets : c’est sous les yeux de cette représentation efficace et sincère qu’ils accomplissent leurs fonctions respectives. Le préfet de police, sans qu’aucune de ses attributions ait disparu, en contact avec un pouvoir électif, se trouve relevé dans l’opinion par la solidarité qui les unit ensemble, car, si les conseils élus gênent et entravent parfois les fonctionnaires qu’ils contrôlent, ils les grandissent et les fortifient plus souvent par leur adhésion ; cette sanction populaire est surtout nécessaire à un magistrat chargé de la police : elle lui rend en considération plus qu’elle ne lui ôte en puissance.

Une loi, depuis longtemps promise, doit déterminer à la fois les droits respectifs du conseil municipal de Paris et des deux préfets, et le partage des pouvoirs entre ces derniers : elle devra, si nous ne nous trompons, beaucoup plus maintenir que réformer. Le conseil municipal exerce aujourd’hui, en vertu des lois, une autorité contenue dans de justes limites, et à laquelle il manque seulement d’être clairement définie. Quant aux attributions des deux préfets, la répartition de leurs pouvoirs ne soulève d’objections que sur quelques points peu essentiels, et une solution convenable sortira aisément de la discussion des chambres.

Il a paru qu’il serait de quelque intérêt de retracer l’organisation de la préfecture de police, ses moyens d’action, ses attributions. Ce tableau peut servir à la loi qui se prépare ; il satisfera peut-être la curiosité de ceux qui aiment à se rendre compte des institutions politiques et administratives sous lesquelles ils vivent ; il pourra fournir un terme de comparaison et un sujet d’études à l’étranger ; il éclairera enfin l’opinion publique en dissipant d’injustes préjugés.


I

Le préfet de police doit surveiller plus qu’agir, prescrire plus qu’exécuter, et, bien que ses employés intérieurs soient nombreux et occupés, c’est surtout au dehors et dans les services actifs que se manifeste son pouvoir.

Les bureaux concertent les mesures à prendre, donnent l’impulsion, recueillent et constatent les résultats ; ils préparent, délibèrent, organisent, ils sont la pensée et l’intelligence. Les services actifs surveillent, exécutent, empêchent, préviennent, répriment. En rapport immédiat avec les citoyens, ils occupent tous les points, le jour,